La rencontre avec Princesse s’est faite au bord d’une route très fréquentée. Elle était assise et regardait les voitures passer. Lorsqu’elle m’a aperçue, elle a tourné la tête vers moi et son regard exprimait une grande tristesse. Je lui ai expliqué que j’avais un message pour elle de la part de sa gardienne et qu’elle aimerait aussi savoir

Si elle est montée ?

Si elle est bien là où elle est ?

Si elle l’a aimée comme elle l’aime et

si elle peut mettre ses frère et sœur en garde contre le danger de la route, qu’elle a déjà perdu Schoub probablement empoisonné et Baka tombé dans une piscine et que c’est trop dur de les perdre, surtout elle Princesse, sa chérie, son amour.

Elle est aussitôt venue à côté de moi.

Que je suis heureuse de recevoir son message d’amour, que je suis heureuse de pouvoir t’en donner un pour elle. Dis-lui que je l’aime, elle était ma maman, j’étais son bébé, sa petite fille et je sais que mon départ la plonge dans une effroyable peine et détresse. J’en suis tellement désolée de la voir souffrir autant. Je n‘ai pas été assez prudente, j’ai traversé cette route maintes et maintes fois, et c’était la fois de trop.

Je n’ai pas eu de chance, cette voiture m’a percutée de plein fouet et je suis aussitôt sortie de mon corps, j’ai eu peur, très peur. Je n’ai pas souffert, c’était trop rapide, mais lorsque je me suis vue allongée sur l’asphalte, je savais que c’était fini pour moi et qu’il me serait impossible de réintégrer mon corps physique.

Je savais aussi que pour toi ce serait horrible de me ramasser, que le choc et la grande souffrance allaient t’anéantir complètement. Pardon, pardon pour ce grand malheur, moi aussi je t’aime et ne veux pas te faire souffrir. La violence du choc et ton désarroi m’empêchent de partir au jardin des animaux, mais toi, tant que je reste là, tu ne peux faire ton deuil et je vous puise votre énergie à tous.

Cela est très inconfortable pour mes congénères aussi, qui eux me voient et savent que ce n’est plus ma place ici. Tant que je reste là, dans votre entourage, je ne peux me ressourcer et surtout je ne peux communiquer avec eux pour les prévenir du danger de la route bien qu’ils le connaissent.

Je l’ai rassuré et lui ai dit que je l’aiderai à faire le passage.

Merci, dis-lui merci de t’avoir envoyée à moi. De là-haut je pourrai lui faire des petits signes et je veillerai sur eux tous. Dis-lui aussi que si ça lui fait du bien, elle peut garder mes cendres, mais ce ne sont que les restes de mon enveloppe physique et que pour moi ça n’a pas d’importance. Mon âme est éternelle et reste reliée à elle, même après la mort.

J’aspire bien entendu à lui revenir lorsqu’elle sera prête, je me mettrai de nouveau sur son chemin.

Puis nous nous sommes avancé toutes les deux sur un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous, et lorsque nous sommes arrivées devant le pont des fleurs je me suis arrêtée et elle m’a dit :

Merci, dis encore merci à ma tendre et douce et merveilleuse maman, dis-lui que nous nous reverrons bientôt.

Puis elle l’a traversé et s’est noyée dans la lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Princesse, repose et ressource-toi !