A mon arrivée sur le chemin, Rose m’attendait tristement. Elle était couchée sur un chemin très aride, sur des cailloux et sa position semblait très inconfortable. Lorsque je me suis adressée à elle, elle m’a tout de suite dit :

Je ne peux pas partir, je ne peux pas traverser le pont des fleurs, elle est dans une telle détresse et éprouve tellement de culpabilité qu’il m’est impossible de la laisser. Je dois rester ici mais ici ce n’est plus ma place et j’en suis triste. Je ne suis pas bien (pas physiquement, de ce côté-là tout va pour le mieux, je n’ai plus de douleurs et je me sens très légère, mais émotionnellement, ses énergies sont tellement négatives que ça m’empêche de partir au jardin des animaux.

Dis-lui que je l’aime aussi et qu’elle ne doit plus se tourmenter et culpabiliser. Cela ne nous apporte rien, ni à elle, ni à moi, au contraire cela m’oblige à rester fixée ici sur ces cailloux, et elle ça l’empêche de faire son deuil. Tant que je suis dans son entourage je lui puise son énergie et pas qu’à elle, à toute la famille. Je sais que je leur manque à tous et leurs larmes me font souffrir aussi. Leur chagrin me fait bien plus de mal que la douleur physique que mon corps me faisait ressentir.

Dis-lui que même si j’étais encore jeune et avait encore de nombreuses années devant moi, j’étais malade et on ne pouvait me soigner. C’était un mal incurable qui me rongeait de l’intérieur et j’étais sur mon chemin. Je savais que j’allais partir et que les soins, hormis que ça lui coûtait de l’argent ne serviraient à rien. D’où la raison aussi pour laquelle je ne voulais pas me laisser soigner. Elle n’a donc aucun regret à avoir. Elle ne pouvait pas m’aider si ce n’est que ses visites me faisaient beaucoup de bien et m’ont aidée malgré tout au moment où j’ai fait le grand saut.

Je sais qu’elle m’aime plus que tout et qu’elle a du mal à lâcher prise, qu’elle se tourmente énormément. Mais explique-lui que nous les animaux nous avons facilement la faculté de pouvoir vous revenir si on nous aide à rejoindre le jardin des animaux. Moi je n’ai pas terminé ma mission auprès d’elle, cette maladie m’en a empêché et je dois lui revenir pour continuer mon travail. Mais la condition sinéquanone est de me libérer, de m’aider à rejoindre le paradis des animaux pour que je puisse me reposer et me ressourcer quelques semaines. Après je pourrai lui revenir dans le corps physique d’un chat en pleine santé (m’a montré un chat d’environ 1 an ?) et j’en serais très heureuse, car eux aussi me manquent et que je sais que c’est difficile pour elles de se lever le matin sans ma présence physique. Nos câlins leur manquent mais ce n’est que pour une période très transitoire. Après nous rattraperons le temps perdu et nous pourrons continuer notre belle aventure ensemble.

Ma mission consistait à nettoyer énergétiquement le lieu et les personnes, pas simple ce travail car l’endroit mériterait un grand nettoyage, qu’elle y songe… Et ma mission toute particulière auprès d’elle consistait à lui apprendre le détachement affectif. L’aider après toutes ces années à faire enfin le deuil de ce qu’elle aurait aimé avoir, de ce dont elle a souffert sans forcément pouvoir y mettre des mots, mais d’alléger, de soulager ce mal être qui tantôt pouvait la plomber jusqu’au plus profond d’elle-même.

Ces états d’âme sont dus à des souffrances du passé, qui viennent d’une autre vie et pour pouvoir s’en détacher, elle doit se reconnecter à sa source et faire un petit travail de pardon avec son enfant intérieur. Je l’aiderai à faire ce travail et elle apprendra à se détacher et vivre dans cette vie-là des relations saines et affectueuses, des relations qui lui apporteront le bien-être et l’équilibre.

Je lui transmettrai les messages Rose, es-tu prête à présent à traverser le pont des fleurs ? Te sens-tu le droit de le faire ?

Oui maintenant que j’ai pu te donner des messages d’espoir pour elle, je peux partir. Merci à toi et dis-lui merci pour cette communication qui me permettra de rejoindre le paradis des animaux pour me ressourcer et lui revenir très vite.

Nous nous sommes avancés sur le chemin qui changeait de couleur et de paysage, tout devenait plus vert, plus chaud avec des petites fleurs et des rayons de soleil enrobaient toute cette vue. A la vue du pont des fleurs je me suis arrêtée et Rose très stoïquement l’a traversé sans aucune hésitation et s’est noyée dans le magnifique escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Rose, à bientôt !