La rencontre avec ROX s’est faite sur un chemin très ombragé, bordé d’arbustes très denses. Lorsque je l’ai aperçu il regardait vers ces buissons le regard perdu. Je me suis approchée très lentement, j’ai appelé très doucement son nom « Rox, Rox », il a tourné la tête vers moi, je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions à lui transmettre de la part de sa gardienne.

Son regard a aussitôt changé d’expression et je pouvais y lire de la joie et de l’espoir. Il est venu vers moi en aboyant :

Vite, vite, dis-moi ce qu’elle veut me dire.

Es- tu bien là-Haut ? As-tu retrouvé Papie Claude et Titeuf? Sais-tu à l’avance que tu allais nous quitter? As-tu pourquoi tu n’as pas attendu qu’on arrive à la clinique vétérinaire pour être soigné ? (Il est décédé dans la voiture à côté de moi quand je les emmenais chez le vétérinaire) , Pourquoi t’est tu retourné pour pas que je te vois mourir dans la voiture? A partir de quel moment as-tu développé ta maladie de cœur et de quoi est tu réellement mort ? As tu une autre maladie que je ne savais pas ? M’en veux-tu de mettre plus occupé de Michigan ses dernières temps ?

 Messages que je souhaiterais lui transmettre :

Je t’aime tellement, tu es le chien de ma vie, tu me manques tellement. Tu me laisse un grand vide ainsi qu’à Michigan. Tu étais notre pilier et nous sommes perdus sans toi à nos côtés. Certes tu avais un caractère de cochon, mais tu étais le chien de ma vie car tu étais exceptionnel.

Je t’ai mis de côté, je ne t’emmenais plus aux concours d agility, par amour, car je ne voulais pas que tu souffres avec ton problème de cœur, et que ta santé se dégrade. Je m’en excuse car ta mort a été si brutale que j aurais aimé profiter davantage de moment rien que nous 2 . Le jour de ta mort, je m’en veux tellement de ne pas avoir été là le matin et être parti à l’entrainement avec Michigan, excuse-moi. Je te remercie de m’avoir attendu pour mourir car tu es mort à côté de moi, à mes côtés en étant rien que nous 2. Ce jour-là, j’ai tenté de te réanimer, j’aurais donné ma vie, pour que tu reviennes paris nous, mais tu n’étais déjà plus là. J’ai tellement aimé partager les concours d’Agility avec toi pendant toutes ces années, cela a renforcé notre complicité qui était déjà énorme.

Ce que je souhaite maintenant c’est que tu te sentes bien là-haut car la seule chose qui m’importe c’est ton bonheur !

Je t’aime mon Roro d’amour, j’espère qu’on se reverra un Jour !!

Elle n’est pas ma gardienne, elle et plus que ça, elle est ma maman et je suis son bébé, son petit garçon. Elle me disait toujours Roro, mon Roro d’amour et je me sentais tellement heureux et fier de l’être. Dis-lui qu’elle me manque beaucoup et Michigan aussi, même si parfois il me faisait de l’ombre, surtout depuis que j’ai dû arrêter l’entrainement à cause de ma maladie.

Mais je sais qu’il avait besoin de continuer et je ne leur en veux pas. Qu’elle ne s’inquiète pas, qu’elle ne culpabilise pas. Mon pauvre cœur était fatigué, usé et je ne pouvais plus être à la hauteur de ces exercices. Je sais que c’était difficile pour elle aussi d’un prendre conscience et elle n’a pas besoin de s’excuser.

Dis-lui merci pour son message d’amour, je l’aime et j’ai vécu une vie merveilleuse avec elle. Bon, elle me décrit un caractère de cochon, je pense qu’elle exagère un peu. J’avais un fort tempérament et je faisais comprendre ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, disons un caractère un peu trempé, une forte personnalité et peur de rien. Peut-être pas tant que ça ! J’avais parfois un peu peur de perdre ma place avec mes problèmes de santé, je me sentais diminué et elle amplifiait parfois mon comportement et mes attitudes.

Depuis tout petit j’étais un petit rebelle et les derniers temps mon état était encore plus révolté. J’avais besoin de me sentir unique et exclusif. Je voulais toujours être celui qui compte le plus dans son cœur et je n’en faisais parfois qu’à ma tête. Pardon si cela vous paraissait désagréable ou exagéré.

Dis-lui que maintenant je vais bien, je n’ai plus aucune faiblesse, je ne ressens plus aucune douleur ni oppression mais j’ai besoin d’aide pour partir au jardin. Sa détresse, sa souffrance, la culpabilité de n’avoir pas été là le matin et puis surtout le choc, la rapidité et la brutalité de mon départ me retiennent. Et tant que je reste là, alors qu’ici ce n’est plus ma place, tant que je reste dans leur entourage, ni elle ni Michigan ne pourront faire leur deuil. Pour lui c’est très inconfortable, il me voit puiser dans leur énergie et il sait qu’il faut m’aider à faire le passage.

Je l’ai rassuré et je lui ai dit que j’étais là pour ça aussi et que je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs.

Merci, je me sens encore plus soulagé maintenant. Je sais que  papi et Titeuf m’attendent de l’autre côté et je n’ai pas peur. Dis-lui que j’étais sur mon chemin depuis déjà un petit bout de temps, je préparais doucement ma transition et mon départ. Les fortes chaleurs m’ont fait souffrir et l’oppression dans ma poitrine était omni présente. J’essayais de ne pas lui faire voir mais le moindre petit effort me coûtait les derniers temps et je savais ce jour-là que j’allais souffler la flamme de ma bougie.

Je l’ai attendue pour qu’elle soit à mes côtés, mais je ne voulais pas aller chez le vétérinaire, je ne voulais pas mourir à la clinique, c’était trop tard pour moi, je ne voulais pas être séparé d’elle, j’avais besoin qu’elle soit à mes côtés à mon dernier souffle, même si j’ai préféré tourner la tête pour qu’elle ne voit pas mon expression lorsque j’ai poussé le dernier souffle et que mon âme est sortie de ma bouche. Cela a été violent à l’intérieur de moi, mais c’était très rapide, j’avais comme l’impression d’un blocage dans ma poitrine (embolie ?), mais je ne saurais te dire si je souffrais d’une autre maladie.

Ne culpabilise pas, c’était écrit que nous devions nous séparer quelque temps pour me permettre de me reposer et me ressourcer afin que je puisse te revenir dans un corps physique, la même race stp, en bonne santé, et que nous puissions reprendre les concours. Cela a été une réelle frustration pour toi et pour moi alors que je prenais beaucoup de plaisir même si ma forte personnalité prenait parfois le dessus, mea culpa.

Je te remercie de m’avoir envoyé de l’aide pour me libérer et me guider jusqu’au pont des fleurs, mais sache que mon âme aspire à te revenir très vite. Ce ne sera pas long, mets-toi vite à ma recherche car nos âmes sont reliées. J’étais là et je serai toujours là pour te reconnecter à ton petit enfant intérieur, à la source. Je t’aime et je me mettrai sur ton chemin lorsque tu te sentiras prête, tu verras que tu vas enfin pouvoir commencer ton travail de deuil et Michigan sera moins perturbé et plus zen.

Tu te sens vide à l’intérieur de toi, je reviendrai très rapidement pour remplir ce manque que tu as en toi.

Je lui ai demandé s’il était prêt maintenant à rejoindre le paradis des animaux, que je me chargerai de transmettre ses messages et ses réponses.

Plus vite j’y serai, plus vite je pourrai me reposer, me ressourcer et préparer mon retour. Dis-lui qu’un passage là-haut est nécessaire pour nous permettre de nous revoir et de continuer notre belle aventure ensemble.

Puis nous nous sommes avancés sur ce chemin ombragé qui devenait de plus en plus lumineux. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont, il l’a traversé sans même se retourner. Il savait qu’on l’attendait de l’autre côté, il était pressé de les rejoindre et de se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Rox, à bientôt.