Ta gardienne me charge de te transmettre des messages et aimerait te poser quelques questions Saint Patos :

 j’aimerais savoir: 

– s’il y a des choses de son passé qu’il veut que je sache 

– pourquoi il tique autant ?

– s’il se sent en confiance avec moi ? ce que je peux faire si ce n’est pas le cas

– s’il est heureux ? 

 

Je voudrais lui dire qu’on va rester dans la pension où l’on est si cela lui convient. Je l’ai changé deux fois de pension car la première ne lui offrait pas la qualité de vie que je voulais pour lui, et la deuxième était trop loin de la maison, je n’allais pas pouvoir continuer à aller le voir et m’en occuper. 

Je veux qu’il sache que je l’aime énormément et que je fais vraiment de mon mieux pour son bien être et son bonheur. 

Je souhaite aussi le laisser s’exprimer sur ses besoins et envies, s’il le désire. 

 

Pendant que je lui lisais le contenu, Saint Patos me scrutait attentivement, un peu sur le qui-vive et tout en rouant  l’encolure a effectué un grand mouvement de la tête et s’est mis à tiquer à l’air. Surprise j’ai pris un peu de recul pour ne pas entrer dans sa zone de confort et me suis à nouveau présentée à lui en lui expliquant que c’était sa gardienne qui m’envoyait à lui et qu’il n’avait rien à craindre, que j’étais là pour l’aider et pour lui permettre de me dire ce qu’il avait envie d’exprimer à sa gardienne. Il s’est calmé et m’a regardée droit dans les yeux pour me dire :

Je sais que j’ai beaucoup de chance d’avoir été adopté et qu’elle m’ait choisi comme compagnon.. Je ne suis pas toujours simple à gérer, tu peux l’observer, et elle a cette patience, cette empathie de m’aimer et de m’apporter tous les bons soins dont j’ai besoin. Je viens de subir une opération qui m’a beaucoup bouleversé aussi et je sais, j’ai bien compris qu’il me faut être patient, et de rester au box pendant que je récupère. Ce sera long et difficile pour moi et rien que le fait de rester au box me traumatise.

Je l’ai à nouveau rassuré et lui ai expliqué que c’était un passage obligé, mais qu’après il pourra de nouveau rejoindre ses copains en extérieur. Il ma regardé et ses yeux me disaient qu’il avait bien compris la raison et la situation et il a enchaîné pour me dire :

Dis-lui merci pour les bons soins et tout ce qu’elle entreprend pour mon bien-être, j’ai encore beaucoup de stress, des angoisses et des peurs qui resurgissent très souvent. Ce sont des mémoires qui reviennent au moindre stimuli, et même si j’ai entière confiance en elle je ne peux les empêcher de me rappeler des situations très traumatisantes. On ne m’a pas ménagé, on a exigé des exploits de ma part et même si j’ai des grandes capacités, je n’ai jamais aimé être utilisé à ces fins. De forte personnalité, je pouvais leur montrer juste le contraire et faire l’inverse de ce que l’on attendait de moi, et pour me punir on m’enfermait 24h/24 au box, ce qui évidemment ne faisait qu’accentuer ce vice.

Avec elle ce n’est pas la même chose, je me sens en confiance et je suis heureux. Dis-lui que je l’aime aussi et que j’ai envie et besoin d’être considéré comme son compagnon et que nous pourrons profiter de tous les moments ensemble. Mais pour cela j’ai besoin d’aide, c’est difficile de guérir une fois que ce vice s’est installé. Je la remercie pour sa bienveillance et lui suis tellement reconnaissant d’avoir compris et pris le soin de me changer 2 fois de pension pour notre bien-être à tous les deux.

J’aimerais tant pouvoir partager avec elle une grande et réelle complicité basée sur l’amour et le respect l’un de l’autre. J’ai besoin d’être occupé, de partager le plus de temps avec elle pour oublier et faire disparaître mes pulsions. Je sais qu’elles sont à l’origine de mes coliques et je n’en suis que plus désolé pour les tracas et les frais importants que je lui occasionne.

Dis-lui encore merci pour sa bienveillance, je vais essayer de faire des efforts, mais j’ai conscience que l’ennui pendant ma convalescence représente un énorme obstacle à ma guérison. Mon souhait est de guérir, de me sentir en paix et en harmonie dans ma tête et mon corps, et que lorsque nous sommes ensemble de n’être qu’un. La confiance l’un dans l’autre et la coopération doit nous amener à ne faire qu’un.

Merci pour tout, merci pour ce qu’elle fait pour moi et merci à toi d’être  là pour moi, pour nous. Je ne suis dans le fond pas compliqué à vivre, j’ai juste vécu une expérience qui m’a fait prendre un mauvais chemin et m’a emmené vers un vice rédhibitoire, mea culpa.