Ta gardienne Sami me charge de te donner un message :

Je t’aime fort Sami et suis inquiète pour toi depuis pas mal de temps car je vois que ton comportement alimentaire est problématique et que tu es encore plus replié qu’à Strasbourg.
Ca devient très difficile pour moi de voir cette non vie dans laquelle tu es depuis que tu es petit et tous mes efforts pour t’en sortir ne servent à rien et ça me rend tellement triste. Ça devient lourd à gérer au quotient qui est de plus en plus difficile à vivre car je n’y vois pas grand-chose. Je me sens au bout de ce que je peux supporter.
Je te dois d’être authentique avec toi, et je suis déchirée entre mes sentiments.
Sami as tu mal quelque part, je ne voudrais pas que l’on passe à côté et que tu souffres en silence, ce serait insupportable pour moi. Je ne connais pas le veto, j’espère qu’il est compétent et je veux lui faire confiance. Je t’aime mon Sami au-delà de tout « 

Allongé sur son ventre il me regardait sans broncher pendant que je lisais le contenu, et lorsque je me suis arrêtée il continuait de me fixer comme s’il n’avait pas capté, et avant même que je ne lui demande s’il a entendu et compris ce que je venais de lui dire, il a essayé de miauler, il a fait l’effort de le faire, mais aucun son de sortait de sa bouche et ses yeux exprimaient un profond désarroi, une grande peur et une grande tristesse.

Je l’ai rassuré et lui ai dit de prendre son temps, et s’il le souhaitait je pouvais lui relire les missives de sa gardienne. S’en sont suivies quelques secondes de silence, puis il a réussi à pousser un fort miaulement pour me dire :

Pas la peine de recommencer, j’ai entendu et compris son message. C’est juste que je me sens dans l’ensemble assez faible. Je manque un peu de tonus et tout mon corps, tous mes organes sont à la traîne. En grande souffrance non, mais je me sens fatigué, exténué et je suis sans force. Je ressens des difficultés à miauler, à respirer et cette oppression alourdit tout mon système digestif et rénal. Mes reins sont fatigués et mon cœur aussi. Je n’ai pas faim, je ressens un poids dans mon ventre et je n’ai pas d’appétit.

Dis-lui merci pour son message et dis-lui que je l’aime très fort. J’ai tellement de peine de lui faire de la peine, et je ne veux pas qu’elle s’inquiète pour moi. Nous sommes tous les deux embarqués dans une galère difficile et je le regrette, je le déplore pour elle. Ici ce n’est pas ce qu’on croyait y trouver, c’est encore plus difficile à gérer et nous manquons d’équilibre tous les deux. Si je ne vais pas bien c’est parce qu’elle ne va pas bien non plus, et je ne lui montre que ce qu’elle ne veut pas voir (miroir). Les énergies ne sont pas top, pas top du tout et bien sûr cela rejaillit sur notre moral et la santé en général.

Pour nous permettre d’aller de l’avant, elle doit être dans l’acceptation et reconnaître qu’elle ne peut pas tout maîtriser, et peu importe si je suis replié sur moi-même, c’est aussi pour me protéger.  Je baisse l’échine et j’attends que ça passe. Et puis j’ai froid, un froid intérieur que je ressens au plus profond de moi-même, tout comme toi d’ailleurs. Tu as aussi besoin d’aide pour avancer, alors demande-là et ne culpabilise pas pour moi. Nous sommes tous les deux dans la même barque et j’ai choisi de te suivre, et ce où que tu ailles, alors je me dis qu’avec un minimum d’effort, à tous les deux nous allons y arriver.

D’avoir des regrets et des peurs pour moi ne projette que des énergies négatives. Elles me font mal, mais aussi et surtout à toi. Réfléchis et rentre à l’intérieur de toi pour vérifier quelles sont les énergies qui t’habitent et tu comprendras où est mon mal-être. Si tu t’es trompée, tu as le droit de le reconnaître et de changer ton fusil d’épaule, il n’est pas et il n’est jamais trop tard.

Moi je suis sur mon chemin mais encore toujours là avec toi pour te soutenir et veiller sur toi, et si tu retrouves le soleil dans ton cœur, je retrouverai de la joie aussi et des forces pour continuer à me battre. Je ne suis pas malheureux avec toi, je suis heureux même si tu penses parfois le contraire. Je t’ai choisie et pour moi l’essentiel c’est d’être avec toi, à tes côtés. Ne te complais pas dans ton ambivalence, accepte-là, elle est naturelle vu ce que tu vis, et encore une fois si tu es dans l’acceptation, tu ne peux que trouver la foi, le courage et la force de continuer à avancer.

Je ne peux te dire pour le vétérinaire, mais je ne crois pas qu’il ait compris l’importance et la dynamique qui nous lie tous les deux. Je t’aime et j’ai si envie de te revoir en joie, te voir rire et être en paix avec toi-même, avec ce que tu vis et ressens au plus profond de toi-même. Je prends de l’âge mais j’espère pouvoir encore t’accompagner un petit bout de chemin.

Je t’aime fort, si fort et je suis ton petit cœur, ton Sami, ton garçon, mais aussi et surtout ton compagnon, ton ami, ton confident.