La rencontre avec Sisina s’est faite au bord d’une route très fréquentée, elle était assise le regard vide, terne, sans expression et regardait les voitures passer les unes derrière les autres. Je me suis rapprochée doucement d’elle pour ne pas l’effrayer, et me suis arrêtée à une hauteur respectable. Je l’ai appelée par son nom une fois, puis 2, puis 3 et c’est seulement à la troisième tentative qu’elle a levé et tourné la tête vers moi. Ses yeux si tristes quelques secondes avant ont repris une lueur d’espoir, et elle s’est levée pour venir à côté de moi et me dire :
Dieu soit loué, que je suis contente de voir qu’on ne m’a pas oubliée, je craignais depuis tout ce temps devoir rester encore longtemps ici et j’étais comme figée, scotchée à cet endroit. Pour moi c’était difficile de me détacher de ce lieu sombre et sinistre et j’ai besoin d’aide pour me guider et me permettre de faire le passage.
Je me suis aussitôt présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions à lui transmettre de la part de sa gardienne et qu’après notre échange je l’accompagnerai jusqu’au pont des fleurs. Ses yeux si tristes m’ont regardée intensément et elle m’a dit :
Merci, merci d’être là, je suis rassurée maintenant et je sais que ma petite, ma chère, tendre et douce maman va elle aussi retrouver un peu de sérénité dans son cœur et son esprit, et pourra enfin commencer son travail de deuil. Depuis mon départ je vaque entre elle et cet endroit qui m’a enlevé la vie, et je fais des allers/retours, je m’accroche tantôt à elle et la suis comme son ombre pour me nourrir de son énergie, mais ce n’est bon ni pour elle, ni pour moi. Ce départ rapide et brutal, non programmé, ses regrets et sa culpabilité m’empêchent moi de suivre le chemin qui me mènera à la lumière et j’ai beaucoup de gratitude à toutes les deux. Mais dis-moi je parle, je parle très volubile comme à mes habitudes, mais dis-moi qu’as-tu à me dire ?
Et sans tarder je lui ai lu le contenu des missives
Je pouvais tout en l’observant la voir changer à nouveau d’expression et redevenir triste, quelques larmes s’échappaient de ses yeux et très maladroitement, visiblement très émue, elle essayait de les rattraper avec sa patte. S’en est suivi quelques instants de silence avant qu’elle ne me dise :
Je sais qu’elle m’aime et que mon imprudence, cette voiture qui m’a percutée et envoyée de l’autre côté du voile, la fait beaucoup souffrir. J’ai tellement, tellement de peine de lui faire du mal et je le regrette, je lui demande pardon, elle n’a fait aucune erreur, c’est moi qui courrait pour suivre cet oiseau et c’est moi qui ai traversé la route sans faire attention, cette voiture m’a heurée très violemment et je suis aussitôt sortie de mon corps physique pour me réfugier dans mon corps astral et gérer la douleur. C’était rapide et n’a duré qu’une fraction de seconde, et je me suis vue en lévitation au-dessus de mon corps, je savais que c’était fini pour moi, qu’il me serait impossible de le réintégrer et j’en suis si désolée pour toi et ne sait comment faire pour te délivrer de ce poids d’avoir fait une erreur en me laissant sortir. Mais, et tu le sais, j’en avais besoin.
J’étais un chat très câlin, un chat timbre-poste et j’avais la charge de t’apprendre le détachement affectif. J’étais là pour t’aider et t’apprendre à aimer d’une manière fluide, sans peur et sans dépendance ni codépendance. Je m’occupais bien entendu aussi de tes énergies et de celle du foyer et j’avais besoin de sortir pour me débarrasser et m’auto-nettoyer avec les énergies de la terre. Je te suis si reconnaissante de m’avoir toujours donné accès à l’extérieur et c’est à moi de te demander pardon pour cet instinct si primaire qui ma lancé à la poursuite de cet oiseau et qui m’a coûté la vie.
C’était un accident, un stupide accident comme ils le sont tous. J’ai bien essayé de me traîner un peu pour arriver à toi mais c’était impossible pour moi de revenir chez nous. Maintenant je vais de nouveau bien, je me sens très légère et je n’ai plus aucune douleur. Mais de rester ici dans ce bas-astral, de ne pas aller vers la lumière est très difficile à vivre pour moi et pour toi. Je suis désolée, vraiment très navrée pour tout le mal que je te fais et j’ai besoin de rejoindre le jardin des animaux pour me réparer.
Je te remercie pour ton message d’amour et moi je t’aime très fort aussi. Mon amour pour toi est incommensurable et mon âme qui perdure, qui est éternelle, aspire à te revenir. Je n’ai pas terminé ma mission auprès de toi et j’ai encore du taf. Tu as encore besoin de moi et de mon énergie pour continuer à avancer sur le chemin. Tant que je reste là, tu ne peux faire ton deuil et moi je ne peux préparer mon retour. Ma place est avec toi, à côté de toi et sur le plan terrestre, et dès que tu te sentiras prête et te mettras à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur ton chemin.
Je me suis toujours considérée comme ton bébé, ta petite fifille et il me tarde de reprendre ma place dans ta maison. Pour cela il est nécessaire de faire un petit aller/retour au paradis des animaux et je suis prête maintenant.
Puis toutes les deux nous avons emprunté un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle m’a à nouveau remerciée et m’a dit :
Dis à ma maman que je l’aime très fort et que je suis pressée de lui revenir. Qu’elle garde la foi et la confiance et nous pourrons bientôt continuer notre belle aventure ensemble. Son bébé, sa Sisina l’aime et lui reviendra.
Puis elle l’a traversé et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Sisina, repose et ressource-toi, et à bientôt !
Sisina chatte 20 moischristiane2024-04-04T16:20:25+01:00
La rencontre avec Sisina s’est faite au bord d’une route très fréquentée, elle était assise le regard vide, terne, sans expression et regardait les voitures passer les unes derrière les autres. Je me suis rapprochée doucement d’elle pour ne pas l’effrayer, et me suis arrêtée à une hauteur respectable. Je l’ai appelée par son nom une fois, puis 2, puis 3 et c’est seulement à la troisième tentative qu’elle a levé et tourné la tête vers moi. Ses yeux si tristes quelques secondes avant ont repris une lueur d’espoir, et elle s’est levée pour venir à côté de moi et me dire :