La connexion avec Socrate s’est faite dans cette magnifique clairière qui se trouve juste avant l’entrée du paradis des animaux. Il était couché dans l’herbe d’un vert clair fluo, il y avait des petites fleurs de toutes sortes, de toutes les couleurs. Il y avait aussi des pavots d’un rouge éclatant, c’était magnifique.

Lorsqu’il m’a vue, il s’est mis debout et est venu vers moi en remuant sa queue de joie et poussant des petits aboiements. Je me suis présentée à lui pour lui dire que sa gardienne m’envoyait lui transmettre des messages et lui poser quelques questions.

Il faut que je me calme, ici ne règne qu’amour et harmonie, ici tout est paix, silence et quiétude pour permettre à chacun de se reposer et se ressourcer, mais je suis tellement content de te voir, de recevoir des nouvelles de ma maman et de  pouvoir lui répondre et lui donner des messages que je ne peux m’empêcher de l’exprimer par des petits jappements.

Puis il a tourné quelques instants autour de moi, il s’est frotté à moi et je l’ai caressé, lui ai gratouillé son oreille avec la paume de ma main comme sa gardienne me l’avait demandé.

J’adore, je suis chez les anges et je me sens un ange. Dis-lui merci à ma maman d’amour pour les merveilleuses années de bonheur que nous avons vécues ensemble. J’étais son garçon, son fils, son compagnon. J’étais sa moitié, cette partie d’elle qui avait besoin d’amour inconditionnel, mais aussi de protection et de sécurité. A travers moi, ma présence, nos échanges de tendresse et de câlins, elle a pu se reconnecter à son petit enfant intérieur pour le nourrir de tendresse et lui apporter tout l’amour dont il a manqué.

Depuis mon départ, elle ressent un grand vide et son âme est en profonde peine et détresse. Un homme (grand ’père) était là, il m’a aidé à faire le passage et de suis parti dans de bonnes conditions. Tu peux la rassurer et lui dire que je me trouve maintenant dans cette belle clairière où j’attendais qu’elle se manifeste à moi pour pouvoir avoir cet échange en toute intimité avec toi avant de pousser la porte de cet oasis de paix.

Dis-lui qu’elle a pris la décision qu’il fallait prendre pour m’aider à partir. J’étais sur mon chemin depuis l’été dernier et j’ai préparé ma transition à mon rythme. J’étais prêt et je savais que je devais la laisser quelque temps pour pouvoir me reposer et me ressourcer et que ce serait pour elle une grande souffrance. Je savais aussi qu’elle ne trouverait de paix qu’après avoir eu mes messages et j’ai préféré attendre ici, où je me sens bien, je suis heureux et je me sens de nouveau très léger. J’ai retrouvé la capacité de toutes mes fonctions. Quel bonheur, mon corps était fatigué, usé et je souffrais de nombreux bobos dus à mon âge, de maux parfois plus douloureux, mais je n’ai jamais manqué de rien, elle a toujours pris soin de moi avec amour, beaucoup de compassion et d’empathie.

Comment pourrais-je lui en vouloir ? Elle m’a tout apporté pendant que ma santé déclinait et que j’avais du mal à gérer mon état. J’étais son protecteur, le gardien de son cœur, je veillais sur elle comme les prunelles de mes yeux et il ne fallait pas trop s’approcher d’elle, sinon « gare » ! Je m’amusais lorsqu’elle s’énervait après moi, je trouvais ça drôle, car je savais au fond de moi que ça la rassurait de me sentir tellement proche et attentif à elle.

Je sais qu’elle est et restera toujours une dame au grand cœur, empreinte d’une profonde douceur et d’empathie et qu’elle aura toujours, toute sa vie, besoin de moi pour avancer sur son chemin. Nos âmes sont reliées et je lui reviendrai, dès qu’elle se mettra à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur son chemin. Je serai moins entreprenant, ma présence à ses côtés lui aura permis de panser une grande partie des blessures de son passé et nous pourrons continuer notre route ensemble.

C’était bien moi qui suis venu lui faire un petit coucou, elle a compris mon image dans le nuage, j’avais tellement envie de la remercier de ces quelques jours passés tous les deux ensemble avant mon départ. C’était important pour elle et pour moi de s’octroyer ce grand moment de partage avant que je fasse le grand saut.

Je sais que la séparation est terrible pour elle et que son âme est en grande détresse, mais tout va bien pour moi, j’ai eu la chance d’être guidé pour passer le pont des fleurs, mon corps méritait de prendre du repos.

J’ai bien reçu sa longue missive et l’autre aussi, j’ai aimé tout ce qu’elle m’a dit et surtout tous les mots et sentiments d’amour qu’on pouvait lire dans et entre chaque ligne. Cela l’a aidé à lâcher prise pour pouvoir commencer son travail de deuil. Je sais aussi que le jour de mon anniversaire sera un jour difficile pour elle, mais j’aimerais que ce jour-là au lieu de me pleurer, elle déploie toute son énergie à se mettre à ma recherche. Je lui ferai un signe, qu’elle ne doute pas, nous nous retrouverons très vite car moi je l’aime et elle me manque tant aussi. Avec Rocky nous continuons à communiquer, je suis heureux de le voir, ne t’inquiète pas.

Merci à toi pour ce que tu es et merci à toi pour ton amour, je t’aime.

Puis je lui ai demandé la permission de l’embrasser entre les yeux et sur la joue et de lui gratouiller son oreille, il a sautillé autour de moi en poussant à nouveau des petits aboiements et s’est laissé câliner avec beaucoup de plaisir. Il m’a remercié en me léchant la paume de ma main et s’est dirigé vers la porte du paradis des animaux qui s’est ouverte pour l’accueillir avec amour.

Au revoir Socrate, à bientôt !