A mon arrivée sur le chemin Sunshine m’y attendait. Elle était assise et regardait tristement la belle lumière qu’on pouvait voir à l’horizon. Je l’ai appelée par son nom plusieurs fois avant qu’elle ne tourne la tête vers moi, les yeux vides, sans aucune expression. Je me suis présentée et lui ai expliqué les raisons de ma présence,  son regard changea aussitôt, je pouvais à présent y lire une lueur d’espoir.

Dieu soit loué, elle a fait appel à toi et cela me rassure, ça fait déjà si longtemps que je reste sur ce chemin gris à attendre qu’on vienne me libérer, qu’on vienne pour m’aider et m’accompagner vers cette lumière que je peux apercevoir là-bas, et qui prend toutes les couleurs de l’arc en ciel

Je lui ai tout de suite confirmé que j’étais là aussi pour la guider, pour faire le passage, mais que j’avais d’abord des messages et des questions de la part de sa gardienne :

Je souhaite m’excuser auprès d’elle car sur la fin j’ai le sentiment d’avoir été peu présente pour elle en raison de diverses préoccupations. Je voudrais qu’elle sache que pour moi elle était un membre de ma famille et que je l’aimerais toujours. Elle a marqué ma vie et son emprunte restera toujours présente en moi. Sa mort était inattendue, j’ai le sentiment de pas avoir fait mon devoir de protection envers elle et je m’en veux terriblement. Malgré son caractère, elle rendait ma vie plus heureuse ainsi que celle de son copain congénère. J’espère qu’elle aussi était heureuse avec nous. Elle me manque terriblement et son absence laisse un grand vide dans mon cœur. J’aurais aimé passer encore des années avec elle… Juste la voir s’épanouir me rendait heureuse et j’espère par conséquent que c’était le cas, qu’elle était épanouie. Je ne veux pas qu’elle s’inquiète pour moi, même si c’est dur, je continuerais d’avancer. Je ne veux pas qu’elle s’inquiète non plus pour son copain, je vais tout faire pour qu’il ait une belle et longue vie. Et même si j’adopte un nouveau lapin, rien n’y personne ne la remplacera, elle aura toujours sa place dans la famille et dans mon cœur. Je souhaite juste qu’elle aille bien, qu’elle se sente bien, qu’elle soit heureuse là où elle est et qu’elle sache que je l’oublierais jamais. Je ne lui dis pas adieu mais plutôt au revoir car j’espère la revoir un jour que ce soit sur terre ou en haut.

 Mes questions J’aimerais savoir ce qu’il s’est passé au moment de sa mort : pourquoi était-elle sur le canapé alors qu’elle n’a pas accès au salon ? Comment a-t-elle descendu les escaliers ? Pourquoi une partie de son visage est manquante et surtout comment cela est arrivé ? A-t-elle souffert ? C’est difficile d’être dans le flou par rapport à tout cela. Je voudrais savoir si elle a aimé sa vie, si elle était épanouie et bien avec moi et son congénère ? Je voudrais aussi savoir si elle me pardonne de ne pas avoir été là pour elle au moment de sa mort ? Je m’en veux beaucoup qu’elle soit décédée seule… Et je m’en veux aussi de pas avoir été là pour lui apporter mon aide. Enfin, j’aimerais savoir si elle a bien consciente d’être décédé et si le passage s’est bien ou va bien s’effectuer ? Si elle est bien en paix et entière désormais (avec son visage complet) ?

Je sais que je lui manque et surtout je sais que mon départ, les circonstances de mon départ lui semblent incompréhensibles. J’étais en bonne santé, aucun souci particulier et j’ai moi-même du mal à expliquer ce qui s’est passé ce jour-là. C’était tellement rapide, foudroyant et je me suis aussitôt réfugiée dans le corps astral pour gérer le choc qui a été d’une violence inouïe.

Ce qui s’est passé ? Réellement passé ? Je m’amusais à tourner autour d’une prise, j’ai d’abord mis une patte, il ne s’est rien passé, j’y ai mis ou voulu mettre ma tête, j’avais envie de grignoter et j’ai senti brutalement le choc, me suis sentie comme aspirée et mes moustaches ont brûlé, toute la partie de mon visage a été comme cramée et je me suis réfugiée dans mon corps astral pour ne pas souffrir. La brutalité de la secousse a ankylosé tout mon corps et mon petit cœur n’a pas résisté à ce traumatisme. Cela a beaucoup choqué mes compagnons c’était très perturbant pour eux et ça l’est encore plus depuis mon départ car ils savent qu’ici ce n’est plus ma place, et que Melchior est venu me rejoindre depuis, et tous les deux nous sommes dans l’attente d’une aide pour nous permettre de monter au jardin des animaux.

C’est lui qui m’a aidée, qui a voulu me sauver et qui m’a traînée dans les escaliers et jusque sur le canapé. Cela l’a beaucoup fatigué et son petit cœur à lui a également subi un sérieux traumatisme physique et émotionnel. Moi je me suis vue et je savais que c’était fini pour moi, qu’il me serait impossible de réintégrer mon corps physique. Comment cela aurait-il été possible ? J’étais défigurée et mon cœur a aussitôt lâché, la décharge électrique a été trop forte. Mea culpa, je suis désolée pour la grande peine que mon départ t’inflige, cela a été un accident et je suis désolée pour mon imprudence.

Je sais que pour toi c’est difficile à comprendre, que tu as besoin de savoir ce qui s’est passé et je m’en veux tellement de te faire tant de peine. Ce qui me fait mal c’est de te faire du mal, la douleur au moment du choc a été rapide et n’a duré que quelques secondes. Maintenant  je me sens de nouveau toute légère, mais ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là je ne peux me ressourcer et me réparer, et toi tu ne peux retrouver la paix dans ton cœur et ton esprit et tu ne peux faire ton deuil.

Je t’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel, j’ai vécu des années de pur et grand bonheur à vos côtés. Aimée, choyée et respectée comme un membre de la famille, comme votre enfant, je n’ai jamais manqué de rien, et puis j’étais et je me sentais libre. J’ai été une lapine épanouie et je m’entendais bien, malgré mon fort caractère, avec mon compagnon. C’est vrai que parfois je n’en faisais qu’à ma tête et que j’étais dans l’ensemble assez difficile à contrôler. J’avais mes petites habitudes et pouvait montrer mon mécontentement en tapant du pied, mais ce n’était pas méchant. Un peu autoritaire, j’avais besoin de dominer la situation et j’en suis navrée.

J’étais là pour t’aider à te construire, pour t’aider à avancer sur ton chemin, et même si la relation n’était pas fusionnelle, de me voir, me sentir, me toucher et me caresser te suffisait pur remplir ton cœur de joie et te permettre de trouver paix et sérénité dans ton cœur et ton esprit. Lorsque j’aurai rejoint le jardin des animaux, tu retrouveras cette harmonie dont tu as tant besoin pour continuer ton chemin et faire ton deuil. Moi je pourrai te faire des petits signes et dès que tu te sentiras prête et te mettras à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur ton chemin. Nous nous retrouverons sur un plan terrestre, il ne tient qu’à toi d’avoir la volonté de me chercher. Mon âme perdure, elle reste reliée à la tienne et aspire à te retrouver. Je t’aime et je suis pressée maintenant de rejoindre ce haut-lieu magique et j’espère que Melchior pourra nous accompagner. Il est là, tu peux le voir derrière moi et lui aussi, comme une âme en peine, attend de rejoindre ce magnifique paradis des animaux.

Et Melchior est apparu derrière elle, lui aussi attendait impatiemment ce moment et tous les 3 nous sommes avancés sur ce chemin gris et triste qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, ils m’ont remerciée tous les deux et se sont empressés de traverser le pont pour se noyer dans la belle et éblouissante lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Aurevoir Sunshine et Melchior, reposez-vous et ressourcez-vous. Paix à vos âmes.