width=Tintin était assis et semblait m’attendre. Lorsque je suis arrivée sur le chemin, je lui ai expliqué que sa gardienne m’envoyait vers lui pour lui donner un message :

Mon merveilleux Tintin était  un formidable petit chat,

Câlin affectueux, et il me manque et je n’ai pu être totalement avec lui parce qu’il y avait les 4 pattes  et bipèdes  dont je devais m’occuper ….je lui demande pardon de n’avoir pu être efficace pour lui. Il aimait aller dans le jardin, malheureusement séparé des autres. Et je ne digère pas d’avoir dû lui infliger toutes ces souffrances … Il est arrivé malade de son élevage   et cela s’est déclaré 5 mois plus tard …. Et donc  ISOLEMENT pour le plus gentil des petits Somalis 

J’aimerais avoir de ses nouvelles s’il veut bien. Je lui fais plein de caresses et je lui brosse sa belle fourrure surtout sous le menton comme il aimait.

Que je suis content qu’elle ait pris cette initiative, cela va faire un an que je suis parti, mais toujours à ses côtés, toujours dans leur entourage. Cela est très mauvais pour les autres compagnons car je leur pompe leur énergie et a elle aussi, et pour leur santé à tous c’est très néfaste. Dis-lui que je l’aime et qu’elle me manque aussi, mais rester ici entre 2 est une punition que je ne mérite pas. J’aurais aimé tant de fois pouvoir être avec les autres, dormir avec eux, sortir dans le jardin avec eux, mais ma maladie m’a mis en quarantaine et m’a isolé d’eux et souvent d’elle aussi, ce que je comprenais parfaitement bien, mais qui ne m’a pas empêché de ressentir de la frustration et de l’amertume.

Pour elle ce ne fut pas facile non plus et elle a beaucoup regretté et culpabilisé de ne pas avoir pu s’occuper plus de moi. Dis-lui que j’en ai conscience et que je sais très bien qu’elle ne pouvait faire plus pour moi. Ce qu’elle peut faire aujourd’hui c’est de m’aider à partir au jardin des animaux et je trouve que c’est un cadeau, un geste d’amour formidable de sa part. Qu’elle ne culpabilise pas, ce n’est pas tant elle, c’est aussi moi qui voulait rester avec eux pour pouvoir enfin profiter de toute la fratrie.

Cela les a un peu perturbés et affaiblis et j’en suis désolé. Je suis à présent prêt pour partir au paradis des animaux, le temps commence à devenir long et je ne reçois plus suffisamment de lumière pour y arriver tout seul.

J’avais bien une mission auprès d’elle, mais impossible de la remplir. J’étais un chat de type ‘timbre-poste » et pour pouvoir mener ma mission à bien et l’aider à prendre du recul et se détacher affectivement afin qu’elle sente, qu’elle ressente ce qui lui fait du bien et ce qui lui fait du mal, j’aurais dû passer plus de temps et surtout les soirées scotché à elle.

En même temps ce n’est pas un hasard que je sois arrivé chez elle et dans cet état. C’était aussi pour lui montrer que parfois, malgré son bon cœur, il faut reconnaître et accepter ses limites. Nous étions très attachés l’un à l’autre et elle a mal vécu cette séparation et de devoir prendre la décision de m’aider à partir. Et c’est pourtant ce qu’il fallait faire, qu’elle n’en doute pas. Elle se couperait en quatre pour s’occuper de ses chats au risque de passer à côté de l’essentiel, l’essentiel étant aussi de penser à elle, de s’occuper un peu plus d’elle. Elle s’oublie malheureusement trop souvent.

Dis-lui merci pour ses caresses sous mon menton, elle y pense souvent et j’adore cette marque de tendresse. Dis-lui aussi que je lui reviendrai, j’étais déjà chez elle et lui reviendrai de nouveau mais pas tout de suite. Il faut laisser le temps au temps et cela se fera naturellement. Elle saura me reconnaître et je n’ai aucun doute, je saurai lui faire comprendre qui je suis.

Je me charge de lui transmettre tous ces messages Tintin, et si tu es prêt je t’accompagne un petit bout de chemin.

Je le suis à présent et me réjouis de traverser le pont des fleurs. Qu’elle comprenne mon désir d’avoir voulu rester et profiter de toute la tribu, mais je me sens maintenant prêt à rejoindre ce havre de paix pour me reposer et me ressourcer.

Ensemble nous avons suivi le chemin qui s’ouvrait à nous et lorsque je me suis arrêtée, il s’est frotté à ma cheville droite et me regardait avec des yeux qui en disaient long. Tintin voulait encore une fois que je le caresse sous le menton et je n’ai pas hésité à glisser mes doigts dans cette magnifique et douce fourrure. Au bout de quelques instants il m’a dit merci et a traversé le pont des fleurs. C’était un petit chat et bientôt plus qu’un minuscule point dans cette féérique lumière de l’arc en ciel.

Au revoir Tintin !