width=A mon arrivée sur le chemin, Vadim, sans grande surprise de ma part, était assis sur son train arrière et semblait m’attendre. Lorsque je lui ai expliqué que sa gardienne m’avait demandé de communiquer avec lui, il m’a répondu :

Oh oui, je le sais, sa souffrance et sa culpabilité me font beaucoup de peine et je ne peux pas encore la laisser, je me dois de rester à ses côtés pour veiller sur elle et lui faire sentir que je suis toujours là.

Je lui ai dit que ce n’était plus sa place, que sa place était au jardin des animaux.

A quoi bon monter pour me reposer et me ressourcer. Si je le fais c’est dans le but de lui revenir très vite, mais elle a fermé son cœur, elle est trop dans la douleur et a décidé de ne plus reprendre de chien. Aussi je préfère rester ici à ses côtés et vivre dans son ombre.

Je lui explique que ce n’est pas bon pour elle non plus, parce qu’il est forcément obligé d’user de son énergie et que ça finira par la rendre malade ou dépressive. Et aussitôt il y eu un déclic.

C’est juste, je ne dois pas rester dans son entourage, je dois partir afin qu’elle puisse faire son deuil, et de là-haut je pourrai lui envoyer de bonnes énergies pour l’aider. Dis-lui qu’elle a été plus qu’une gardienne exceptionnelle pour moi. Elle a été ma maman pendant toutes ces années d’existence, aussi bien dans ma vie de Vadim que celle d’Elton. Oui elle l’avait bien compris, j’étais la réincarnation d’Elton et j’ai eu la chance de connaître de nouveau autant d’années d’amour et de bonheur avec elle. J’aurais bien aimé pouvoir l’accompagner encore quelque temps, mais j’étais sur mon chemin depuis quelques mois et la patte me faisait souffrir.

C’est vrai que mon départ a été brutal pour elle, qu’elle n’a pas eu le temps de se préparer et je souhaitais tellement lui laisser quelques jours de plus pour lui permettre de comprendre que c’était mon choix de partir. J’ai toujours été très gourmand, j’adorais manger, mais j’étais arrivé au bout de mon chemin et plus rien ne passait. Lorsque la dernière nuit j’aboyais toutes les 20 secondes, c’était pour essayer de lui dire combien je l’aimais et qu’elle ne devait pas souffrir, que je pouvais encore attendre quelques jours avant de faire le grand saut, et que surtout une fois reposé et ressourcé, je lui reviendrai.

Oui je souhaite de tout cœur lui revenir pour continuer à vivre encore de belles années de bonheur avec elle. Elle a pris la décision de m’aider à partir et ne doit surtout pas en culpabiliser maintenant. Mon âme est éternelle et restera toujours reliée à elle. Dis-lui que nous les animaux avons une durée de vie très courte, mais cela nous permet de remonter pour nous ressourcer et vous revenir pour continuer notre mission auprès de vous et vivre de belles aventures à vos côtés. Il est temps pour elle de faire son deuil, d’accepter mon départ qui devait se faire, m’amener plus vite chez le vétérinaire n’aurait rien changé, c’était le moment pour moi. Je n’ai plus mal, je ne souffre plus, mais c’est vrai qu’ici ce n’est plus ma place. Peut-être une fois que je serai au jardin des animaux, je pourrai mieux l’aider et lui envoyer des petits signes pour lui prouver qu’il y a une vie après la mort. Peut-être lorsqu’elle aura fait son deuil, accepteras-t-elle l’idée que je puisse lui revenir et qu’elle m’ouvrira à nouveau la porte de son cœur. Je l’espère et le souhaite de tout cœur. Je sais qu’elle ne m’oubliera jamais, mais j’espère la retrouver sur le plan terrestre et très vite. Je l’aime et ne supporte pas l’idée d’être très longtemps séparé d’elle.

Je vais lui transmettre tes messages Vadim. Es-tu prêt maintenant à partir au paradis des animaux ? Es-tu prêt à la laisser afin de rejoindre le pont des fleurs et l’escalier de l’arc-en-ciel ?

Oui, je sais que je ne serai pas seul de l’autre côté, qu’on viendra m’accueillir et je n’ai pas peur.

Ensemble nous avons emprunté le chemin de lumière qui s’ouvrait à nous. Vadim trottinait à mes côtés, il ne souffrait plus et ne boitais plus de sa patte arrière. Lorsque je me suis arrêtée, il a commencé à courir d’une belle petite foulée et d’un bond a franchi le pont des fleurs et s’est empressé de gravir l’escalier de l’arc en ciel. Vadim venait de franchir la porte pour rejoindre le paradis des animaux.

Au revoir Vadim, paix à ton âme.