Arrivée sur le chemin, Vagabond était couché dans des herbes assez hautes pour la saison et m’a regardé d’un air très triste. Je lui ai expliqué que c’est la dame de l’immeuble qu’il squattait qui m’envoyait vers lui.

Oui je sais, je suis et je resterai toujours relié à elle et c’est bien dommage qu’elle ne l’ait compris qu’après mon départ et ma mort. Nous nous connaissions d’une autre vie et je n’étais pas arrivé dans son immeuble par hasard. Je l’ai cherchée et je l’ai trouvée, mais elle n’a pas su me reconnaître.

C’est vrai que j’étais plus habitué à vivre à l’extérieur et qu’elle avait déjà un autre chat à qui elle ne voulait pas imposer ma présence.

Tu étais donc déjà chez elle Vagabond ?

Oui (il m’a montré un chat et une petite fille).

As-tu souffert vers la fin, Vagabond ?

Oui j’avais des douleurs, mais je ne lui en veux pas de ne pas avoir compris l’ampleur de cette souffrance, elle a fait ce qu’elle pensait pouvoir faire du mieux possible pendant toutes ces années où elle m’a nourri et donné de la tendresse au passage et j’en étais très heureux. Cela m’a suffi pour me réconcilier avec le monde des humains et je savais qu’elle n’avait pas encore l’ouverture de conscience pour comprendre que j’étais son chat et qu’un retour, une réincarnation était possible. Je sais qu’elle m’aimait et que je lui manque, mais elle ne doit pas maintenant culpabiliser. Je suis parti, je me suis caché pour mourir car j’avais besoin de faire la transition à mon rythme. C’est mon choix et elle doit l’accepter pour me laisser maintenant la possibilité de partir au jardin des animaux. Sa souffrance, sa culpabilité et ses regrets ne peuvent que m’en empêcher et l’empêcher elle de faire son deuil.

Si je suis parti le jour de son anniversaire, c’est qu’il y a une raison aussi. C’était pour lui montrer qu’un lien fort existait entre nous depuis sa petite enfance et que j’ai choisi le jour de son anniversaire pour faire ma transition. Ce n’est pas un hasard non plus, car tout comme chacun, elle traîne des bagages difficiles (belle-mère marâtre) et porte des choses qui ne lui appartiennent pas. C’est le moment pour elle de prendre conscience qu’elle doit faire un travail pour se reconnecter à son petit enfant intérieur afin de trouver la paix et avancer sur son chemin. Dis-lui que nous les animaux lorsque nous avons des douleurs, nous avons facilement la capacité de sortir de notre corps et nous réfugier dans l’astral pour ne pas trop en souffrir, et que là où je suis maintenant, je me sens très léger, mais que ce n’est plus ma place. J’aspire à rejoindre le paradis des animaux pour me reposer et me ressourcer.

Nous nous reverrons bien avant sa mort, car j’espère maintenant qu’elle va recevoir mon message qu’elle aura compris que la réincarnation existe, qu’elle est bien réelle et que je compte revenir chez elle sur un plan terrestre. Pas tout de suite, j’ai besoin d’un peu plus de temps, mais nous nous retrouverons. Je l’aime qu’elle me fasse confiance.

Je me chargerai Vagabond de lui transmettre fidèlement tes messages, et si tu es prêt je vais t’accompagner un petit bout de route et tu continueras ton chemin lorsque je serai obligée de m’arrêter.

Sans aucune hésitation il est venu à côté de moi et nous avons emprunté un chemin très vert avec des fleurs jaunes de tous les tons, clairs, dorés, orangés, foncés. Lorsque je me suis arrêtée il a stoïquement continué sa route jusqu’à ne devenir qu’un infime point à l’horizon et se noyer dans ce magnifique soleil qui rayonnait et embrasait tout le passage.

Au revoir Vagabond !