La rencontre avec Vanille s’est faite dans un jardin. Elle était assise et s’amusait à regarder les abeilles virevolter d’une fleur à l’autre. Je me suis approchée doucement, curieuse, elle s’est retournée vers moi. Je lui ai expliqué que sa gardienne m’envoyait vers elle pour lui transmettre des messages et lui poser des questions. Ses yeux tristes ont changé d’expression, je pouvais y lire de la joie.

Que je suis contente de te voir, que je suis pressée d’entendre ce que tu vas me dire, approche-toi, viens à côté de moi et dis-moi.

Ma jolie doucette, mon bel amour, mon tout petit bébé, 

Dire que tu me manques est tellement en deçà de la vérité, tu es partie il y a maintenant quatre longues semaines et le vide que tu as laissé ici est infini. C’est un crève le cœur de rentrer à la maison et de ne pas t’y voir, je t’y cherche partout mais tu n’y es pas, je t’y attends, je t’appelle en dormant, je t’espère derrière la vitre à me regarder partir …

 Tu étais si petite et pourtant tellement présente, toujours près de nous, toujours près de moi. Du jour où tu es arrivée à la maison tu nous as suivi partout attachée à nos pas.

Pendant ces 11 années tu nous as apporté tant de bonheur, d’amour et de tendresse, on avait organisé nos vies pour te laisser seule le moins possible, on t’emmenait partout ou presque choisissant nos vacances en fonction de si tu pouvais nous y accompagner ou non et je ne regrette rien.

La maladie t’a arrachée à nous.

 Peut-être aurais-je dû accepter de te faire opérer quand tu étais petite mais j’avais si peur de l’anesthésie que je n’ai pas voulu.

 J’espère que tu n’es pas seule là où tu es, tu avais si peur quand tu étais seule, j’espère que tu es heureuse, paisible, que tu ne souffres plus. J’espère que tu es près de nous mon cœur, que tu nous vois et nous entend, que tu sais que l’on t’aime et que le jour où l’on t’a accompagné chez le vétérinaire, c’était un geste d’amour pur qui nous a, à tous, arraché un morceau du cœur.

 J’avais toujours tellement peur pour toi peur que l’on te laisse sortir que tu ais un accident ou que tu te perdes, peur de te laisser seule et que tu sois malade, que tu te sentes abandonnée

 Ma petite chérie toute douce, maintenant, j’aimerais pouvoir te poser quelques questions. Tu me connais si bien que tu ne seras pas surprise que j’attende des réponses précises.

 Sais-tu comment cette maladie a commencé et si quelque chose en particulier l’a déclenchée ?

 As-tu souffert longtemps? As-tu compris que nous essayons de soulever des montagnes pour te soigner? Avais-tu compris avant moi que je me battais contre plus fort que moi? Ai-je compris au bon moment qu’il était temps de te laisser partir ou suis-je allée trop loin ?

 Peux-tu m’expliquer ce qui te fascinait le soir précédant ton départ? Que regardais tu que nous ne voyions pas ? Quelqu’un t’attendait il? Quelqu’un que je connaissais? Aurais-tu croisé Caroline?

 Comment s’est déroulé ton passage de l’autre côté? La nourriture ne te manque-t-elle pas trop ma jolie gourmande ?

 À t’on fait le bon choix pour ton inhumation? Nous étions tous d’accord, nous te voulions près de nous, mais est-ce que tu aurais choisi cela ou aurais tu préféré autre chose?

 Depuis que tu es partie as-tu pu nous faire des signes et quels sont-ils? J’ai bien cru en percevoir mais j’ai besoin d’être sûre pour me rassurer et apaiser mon chagrin.

 Est-ce que nous nous étions déjà rencontrés au cours de cette vie et comment tu te situais par rapport à moi et à nous tous? Pour moi, pour nous, tu étais un membre à part entière de notre famille, ma petite fille, mon bout de chou, mon Bébé mais toi, j’aimerai savoir comment tu percevais tout cela, Tu répondais à nos appels comme une maman avec ses bébés, câline et affectueuse mais j’étais aussi comme ta maman.

 Je ne suis pas prête à prendre un autre chaton c’est juste hors de question car ne sera pas toi .. Peut-être un jour dans très longtemps … pour les petits enfants!!

 Tu me manques horriblement mon petit ange j’espère que tu es heureuse dans la lumière et que mes larmes ne t’empêchent pas d’évoluer comme tu le mérites. Je sais combien tu détestais quand on pleurait mais c’est si dur aujourd’hui de m’en empêcher.

 Je te fais un énorme câlin en te prenant dans mes bras toute serrée contre moi et je te sens toute douce surtout à côté de tes oreilles.

Tu te souviens de ce qu’on disait ?

 Pleins de bisous ma chérie, va en paix et sois heureuse

Ta maman qui t’aime

 Je lui ai lu la missive de sa gardienne, et lorsque je me suis arrêtée, elle m’a dit :

Moi aussi je l’aime, je les aime et même si je suis encore avec eux au quotidien, même si je l’accompagne partout dans tout ce qu’elle fait, même si je peux les voir et les entendre, ne plus pouvoir me manifester physiquement à eux me manque terriblement aussi.

Je sais que mon départ la plonge dans une grande souffrance et qu’elle culpabilise parce qu’elle pense qu’elle aurait pu empêcher ma maladie, mais elle a fait tellement pour moi, elle a tellement pris soin de moi et espérait pouvoir m’aider, que tu dois lui dire de ne plus culpabiliser, de ne plus se poser de questions et d’arrêter de se torturer l’esprit.

Dis-lui qu’ici ce n’est plus ma place, bien que j’aurais aimé pouvoir sortir dans le jardin et m’amuser à regarder les abeilles butiner, maintenant je suis là, je les observe mais tant que je reste là elle ne pourra faire son deuil et moi je ne peux me reposer et me ressourcer. J’ai besoin qu’on m’aide à faire le passage et cela l’aidera aussi à tarir ses larmes et à retrouver la paix dans son cœur et son esprit.

Dis-lui que le mal me rongeait de l’intérieur, personne ne pouvait plus rien pour moi et que de monter me ressourcer au jardin des animaux me permettra après un petit passage, de lui revenir dans un corps physique en pleine forme.

Dis-lui aussi merci pour son message d’amour et toutes ces années de bonheur. J’étais son bébé, sa petite fille, sa petite princesse et je leur suis tellement reconnaissante pour tout leur amour et leur tendresse. Je me suis sentie aimée, respectée et ma vie à leurs côtés a été du pur bonheur, une vie remplie et pleine tout comme la sienne, et depuis mon départ il lui manque son rayon de soleil et elle se sent bien vide à l’intérieur d’elle.

Dis-lui que j’étais sur mon chemin depuis l’entrée de l’hiver dernier et je préparais mon départ. Je gérais mes souffrances en me réfugiant souvent et surtout les dernières semaines, dans le corps astral pour les supporter et je savais que tu espérais tant pouvoir m’aider à guérir et me garder encore longtemps avec toi. Tu l’as fait par amour pour moi et tu avais besoin de le faire parce que tu as la foi et tu es une personne qui se bat et ne baisse pas les bras au moindre problème. C’était ta manière à toi de te préparer psychiquement et d’accepter de me laisser partir, tu n’as rien à craindre tu as eu une prise de conscience au bon moment et j’étais prête à faire le grand saut.

Maintenant je me sens bien, plus aucune douleur et surtout plus besoin de me nourrir, si ce n’est de votre énergie et cela vous pompe et risque de vous faire tomber malades ou dépressifs. Il est temps à présent pour moi de monter au paradis des animaux. Je ne peux te dire ce qui a déclenché ma maladie, c’était en moi, peut-être un mal-être, un inconfort hormonal, je ne sais pas et ce n’est pas important. J’étais sur mon chemin et je me sentais prête à souffler la flamme de ma bougie, et avant mon départ je voyais les Etres de la nature et d’autres congénères et aussi une dame (ancêtre, grand-mère). Il y avait beaucoup de monde qui m’attendaient de l’autre côté et je n’avais pas peur, seulement ta grande détresse m’a retenue dans ton entourage et je ne me sentais pas le cœur de te laisser.

Vous avez fait le bon choix pour mon inhumation, mais ce n’est pas important pour moi, ça l’est pour vous et c’est très bien de pouvoir me savoir proche de vous, mais pour moi ce ne sont que les restes, les poussières de mon corps, mon enveloppe physique alors que mon âme est toujours près de vous et surtout elle est éternelle et n’aspire qu’à te revenir.

Oui j’étais déjà avec toi (chat) et je sais que je te reviendrai encore, nous étions très fusionnelles et cette complicité perdure dans l’au-delà et jusqu’à mon retour. Des coucous et aller/retours je pourrai vous en faire après mon passage, en attendant j’ai essayé de me manifester à toi par des bruits, des odeurs et des ronrons. Tu as du ressentir ma présence dans ton sommeil et je continue à te protéger et veiller sur toi.

J’étais un chat timbre-poste et j’étais chargée de t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer sans peur de perdre l’être aimé et sans dépendance ni co-dépendance. Je n’ai pas terminé ma mission et je te reviendrai avec la même, car la maison et ton cœur sans moi te semblent bien vides et seule moi peut le remplir et le combler ce vide et je sais que tu as besoin de ton petit poussin, ton petit cœur, le petit être qui te permet d’avancer dans la vie.

Tu me disais souvent que je sentais bon, que je sentais la vanille et sois confiante, tu me retrouveras telle que j’étais, mais dans un corps physique en bonne santé. Garde la foi et l’espoir de me retrouver très vite et surtout ne me ferme pas la porte de ton cœur et ta maison. Mets-toi dès demain à ma recherche et je me mettrai sur ton chemin.

Tu as besoin de mon énergie pour te connecter à ton petit enfant intérieur et le nourrir de tendresse et je serai, crois-moi, fidèle au rendez-vous et nous pourrons continuer notre belle aventure ensemble, remplie de câlins et de tendresse.

Je t’aime ma douce et tendre maman d’amour.

Je lui ai dit que je me chargerais de transmettre ses messages et lui ai demandé si elle était maintenant prête à faire le passage.

Je le suis.

Puis toutes les deux nous nous sommes avancées sur un chemin de lumière qui s’est ouvert à nous. Lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle m’a dit :

Merci, merci pour elle, pour moi, on m’attend de l’autre côté. Dis à ma maman que tout va bien et que je lui reviendrai très vite, qu’elle me promette de se mettre à ma recherche.

Puis elle l’a traversé pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Vanille, paix à ton âme.