Ta gardienne me charge de te dire qu’ils t’aiment très fort et aimeraient que tu répondes à ses questions :

J’aurais aimée lui demander comment il se sent chez nous ? Est-il heureux ? Que pouvons-nous faire pour améliorer tout ça ? 

Il me regardait l’air surpris pendant que je lui parlais, et s’est mis à aboyer fort plusieurs fois lorsque je me suis arrêtée. Il tournait en rond et s’est mis à tirer sa langue et à baver, puis il s’est assis complètement essoufflé, comme s’il venait de faire une course ou une longue promenade. S’en est suivi quelques secondes de silence avant qu’il ne me dise :

Bizarre, je me sens différent, je me sens libre, tout léger, j’ai l’impression que je ne porte plus. C’est si agréable, et après avoir fait le foufou je me sens serein et apaisé. Merci beaucoup, beaucoup de gratitude, le soin m’a fait du bien et je me sens délivré.  De nature très intrépide, j’ai beaucoup de mal à canaliser mes énergies. Je n’arrive pas à maîtriser mes pulsions et c’est désagréable pour moi et pour vous, je le sais et j’en suis désolé.

Je manque d’équilibre, de confiance en moi, on ne m’a pas appris, on ne m’a pas éduqué et ma maman, ma génitrice, m’a laissé, m’a abandonné tout petit et je n’ai jamais connu cette sécurité, cette primo éducation qu’elle nous donne dès notre naissance, à la sortie de son ventre. C’est cruel et terrifiant pour moi et j’ai beaucoup de mal à m’adapter aux personnes et aux situations. Vous pouvez le comprendre, je vais partout, je suis impatient, j’aboie, j’agresse et je n’arrive pas à me calmer.

Je n’aime pas prendre le médicament qui m’abrutit et je suis navré si je continue à vous casser les pieds avec mes aboiements. J’ai besoin de votre aide et je vous fais confiance. Je me sens bien avec vous, oui, je suis heureux mais il me manque quelque chose pour être en paix et en harmonie avec moi-même. C’est compliqué la vie de tous les jours, et je n’arrive pas à répondre à vos attentes. Aidez-moi, vous êtes mon papa et ma maman, je vous aime et j’adore ma sœur. Ici je porte des énergies qui ne m’appartiennent pas et il tient aussi à vous de veiller à vous en débarrasser.

Dans ton cœur maman, subsistent toujours l’amour et tous les regrets que tu as en toi depuis le départ de ton compagnon, et tant que tu n’auras pas fait le deuil, tu as du mal à m’accepter dans ta vie et votre famille, et moi je le ressens très fort. Pour moi c’est une double peine, d’abord ma première maman et maintenant toi, la seconde. Peux-tu faire un effort pour me permettre de trouver ma place ?

Merci pour votre aide et votre bienveillance, je vous aime fort, n’en doutez pas.