Lorsque je suis arrivée sur le chemin gris et sans lumière, Virginia m’y attendait. Elle était assise, comme scotchée, collée à cet endroit, et son regard était vide, terne, aucune expression. Je me suis approchée doucement pour ne pas lui faire peur et je l’ai appelée 2,3 fois par son nom avant qu’elle ne lève la tête vers  moi. Dès qu’elle m’a vue, ses yeux reprirent une lueur d’espoir. Je me suis présentée et lui ai expliqué que j’avais des messages et des questions de la part de sa gardienne, et sans tarder je lui ai lu le contenu :

Qu’est-ce qui t’a blessée? Avons-nous pris les bonnes décisions pour toi? J’aurais voulu pouvoir te garder car je t’aime ( V……) . 

Lorsque j’avais fini, elle s’est mise à miauler plusieurs fois, c’était des miaulements de détresse pour me dire :

J’ai besoin d’aide, ici ce n’est plus ma place, mais mon départ si violent et brutal me retient ici et ma gardienne se trouve en souffrance, elle ne peut comprendre ce qui m’est arrivé, elle se torture l’esprit et ça m’empêche aussi de continuer ce chemin sombre, qui pourtant je sais me mènera à la lumière. Tant que je reste là, tantôt à cet endroit où j’ai été percutée, tantôt à la suivre dans son environnement, à m’accrocher à elles, à leur pomper leur énergie, je ne peux me reposer ni me ressourcer. J’ai besoin d’aide pour faire le passage, pour pouvoir rejoindre le jardin des animaux et me réparer., et elle aussi, tant que je reste dans le bas-astral, elle ne trouvera la paix dans son cœur et son esprit et elle ne peut faire son deuil.

Je n’ai pas eu de chance, j’ai été très imprudente et me suis aventurée dans un endroit très habité, habité par les mauvaises énergies, et je ne saurais te dire mais on m’est rentrée dedans et j’ai fait un vol plané. Ca a été rapide et je suis aussitôt sortie de mon corps physique pour me réfugier dans mon corps astral pour mieux supporter la douleur. Puis j’ai essayé de me traîner et on a profité de ma fragilité, de ma faiblesse. Cette bête m’a attaquée et voulait certainement se nourrir de ma chair, mais s’est sauvée lorsque je me suis mise à miauler très fort. J’étais dans mon corps astral et je savais qu’il me serait impossible de réintégrer mon corps physique. Il était trop abimé, on ne pouvait plus rien pour moi et vous avez pris les bonnes décisions.

Je sais que cela a été difficile pour toi, mais tu n’avais pas le choix et tu l’as fait par amour pour moi, je t’en suis très reconnaissante, je sais que tu ne pouvais pas m’emmener.

Merci pour ton message d’amour, moi aussi je t’aime fort et je regrette, je suis désolée pour la grande peine que mon départ t’inflige. De nature sauvage, un peu craintive, j’étais curieuse et j’avais ce besoin de vadrouiller et de découvrir. Ce jour-là la chance n’a pas été de mon côté, et vous avez été là pour me permettre de partir sans souffrir davantage. Je n’étais encore qu’un bébé et je n’avais pas encore commencé ma mission auprès de toi, j’espérais que je te reverrai.

J’étais sensée t’apprendre le détachement affectif, t’aider à aimer en toute fluidité, sans peur de perdre l’autre et sans dépendance ni codépendance. Cette mission non commencée n’est bien entendu pas achevée et je te reviendrai lorsque tu te sentiras prête, pour faire ce travail auprès de toi.

Je t’aime fort aussi et je vous aime toutes les deux. Mon amour pour toi est pur et tu as aussi besoin de mon énergie pour te nettoyer, car tu portes souvent des énergies qui ne t’appartiennent pas. Ici le lieu n’est pas zen, beaucoup de passage et un petit nettoyage serait nécessaire.

Je me suis considérée comme ton bébé, ta petite fille, et le peu de temps auprès de toi a été trop court, beaucoup trop court. Mais tu sais, seul mon corps physique n’est plus, mon âme perdure et la mienne aspire bien sûr à te revenir. Pour cela un petit passage au paradis des animaux est la condition sine qua none, et lorsque tu te sentiras prête et te mettras à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur ton chemin. Tu as besoin de moi et de ma présence pour continuer à avancer sur ton chemin. L’espace-temps là-haut n’est pas du tout le même qu’ici-bas et cela peut être très rapide. Mais pour cela je dois maintenant rejoindre ce haut-lieu magique et je suis pressée. Beaucoup de gratitude de me le permettre, je suis prête.

Puis toutes les deux nous avons emprunté ce chemin gris, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, elle l’la traversé sans se retourner et s’est noyée dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Virginia, repose et ressource-toi.