width=Ma rencontre avec Vixy s’est faite sur un chemin très rocailleux. Elle était assise sur son arrière train et attendait que quelque chose se passe. Elle semblait être assise là depuis une éternité, on aurait pu croire qu’elle était scotchée à ces pierres et elle a mis un petit bout de temps à réagir lorsque je me suis approchée d’elle. Lorsqu’elle a enfin tourné sa tête vers moi, j’ai lu une telle détresse dans ses yeux que les larmes sont montées aux miens et une forte émotion m’a submergée et m’a serré la gorge. J’ai pris une forte inspiration pour lui expliquer qui j’étais et la raison de notre rencontre et là elle s’est mise à bouger son corps tout ankylosé, s’est mis en action, des mouvements un peu saccadés et peu à peu plus apaisés et plus équilibrés.

Son regard triste et vide, ses yeux remplis de désespoir quelques instants auparavant, se sont mis à reprendre espoir et ses yeux brillaient et pétillaient d’impatience pour communiquer et échanger avec moi. Avant que je m’adresse à elle, elle est venue vers moi et m’a dit :

Quel bonheur de savoir que tu existes, quel bonheur qu’elle ait fait appel à toi, ça fait trop longtemps que je suis ici à végéter entre deux, que j’erre toujours dans son entourage, que pour me nourrir je puise leur énergie et que tant que je reste ici je ne peux me reposer ni me ressourcer. Pour elle c’est difficile car elle ne peut trouver la paix et faire son deuil.

C’est la raison pour laquelle elle me demande de communiquer avec toi Vixy et je dois te poser quelques questions mais aussi te donner un message de sa part :

Je voudrais savoir si elle est bien là où elle est? Si elle ne m’en veut pas de l’avoir fait endormir pour toujours? Avec qui elle est? Si elle a souffert avant de partir? Si un jour elle me reviendra? Dites-lui que je l’aime, qu’elle me manque terriblement et que je pense à elle tout le temps, que je ne veux pas qu’elle souffre de me voir malheureuse. 

Je sais que tu es toujours en grande souffrance, je le voie, je suis à tes côtés, mais tu ne peux me voir. J’aimerais tant pouvoir me manifester plus à toi, mais la douleur t’empêche de ressentir ma présence. Tu es trop en manque et aussi dans la culpabilité. Tu as bien fait de m’aider à partir, j’étais sur mon chemin et je préparais mon départ depuis fin d’année dernière. Mes douleurs t’ont fait réagir, tu avais bien compris que m’aider à partir me soulagerait, que je ne souffrirai plus et tu as fait le bon choix.

Seulement tu n’étais pas vraiment prête, l’est-on jamais vraiment ? Tu n’as pas mesuré l’ampleur du manque qu’occasionnerait mon départ physique, et les doutes se sont emparés de toi et cela m’a empêché de faire la transition et de partir au jardin des animaux. Je sais combien ce choix t’était difficile et je t’en remercie car maintenant je n’ai plus de douleur physique, je me sens léger, je suis souvent en lévitation et j’aspire à rejoindre le paradis des animaux.

Tu as tant fait pour moi que je ne me sentais pas le droit de t’abandonner, mais ici ce n’est plus ma place et me libérer va te libérer de cette entrave dans laquelle tu te trouves depuis mon départ. Tu te sentiras à nouveau libre de rire et d’éprouver de la joie pour des petites choses sans penser à moi, à mon absence à chaque moment de ta vie. Tu es bien trop jeune pour te morfondre dans la perte d’un être, d’un compagnon qui t’est cher, tu dois plutôt penser à l’avenir, à la vie et garder espoir car nous nous retrouverons.

La mort est un passage obligé pour permettre à mon enveloppe physique de se reposer et se ressourcer. Quant à mon âme elle est éternelle et elle est reliée à toi. Déjà toute petite j’étais avec toi pour t’aider à grandir, puis je suis revenue pour t’aider à voler de tes propres ailes pour t’aider à construire ta vie amoureuse et professionnelle, et je te reviendrai encore pour t’aider à avancer sur ton chemin et t’aider dans le quotidien et ta famille, où tu te sentiras heureuse et comblée.

Moi aussi je t’aime, tu as été une petite sœur pour moi, puis une maman. J’étais ta petite fille et je me suis sentie très heureuse, choyée et câlinée. Je n’ai jamais manqué de rien et il me tarde de traverser le pont et gravir les marches de l’escalier de l’arc en ciel car je sais que je pourrai, après, te retrouver. Ce ne sera pas long, quelques semaines à peine et le printemps, telle la renaissance nous réunira à nouveau.

Je vais lui transmettre tes réponses et tes messages Vixy. Je vais maintenant t’accompagner un petit bout de chemin et te souhaite une belle transition dans la lumière.

Elle est venue à mes côtés et nous avons pris ce chemin qui froid et austère s’est littéralement transformé en un sentier vert avec une végétation très dense, des petites fleurs de toutes les couleurs émergeaient de partout, et arrivés au pont des fleurs, elle s’est arrêtée, m’a léché la main gauche, la main du cœur et m’a dit :

Mille mercis à toi, à elle

Puis il s’est mis à courir pour traverser le pont des fleurs et se noyer dans cette magnifique lumière.

Paix à ton âme Vixy !