width=Voslo m’attendait sur un chemin rocailleux, il y avait des broussailles de partout, il était assis là et semblait m’attendre. Je me suis présentée, je lui ai expliqué que sa gardienne avait des messages pour lui et il m’a répondu :

Je sais, j’étais à côté d’elle lorsqu’elle te les a écrit. J’ai même essayé de me frotter contre ses jambes mais je passais au travers et elle n’a rien ressenti. Seule ma sœur peut me voir et pour elle c’est très perturbant, elle aimerait s’approcher de moi et me toucher, mais elle n’y arrive pas non plus. C’est traumatisant pour elle de me savoir entre deux et pas accessible, elle sait qu’ici ce n’est plus ma place et cela la peine beaucoup pour elle et pour moi.

Je sais tout cela Voslo et après t’avoir lu le message de ta gardienne, je t’aiderai à rejoindre le jardin des animaux.

J’en suis très heureux, toi au moins tu peux me voir, toi au moins tu peux me parler et j’avais très peur de rester là pour l’éternité. J’aspire tant à rejoindre ce haut lieu féérique où ne règne qu’amour, paix et bonté.

Je lui ai lu les messages :

Je souhaite lui demander si j’ai choisi le bon moment pour la transition et s’il a souffert ? je lui demande pardon de l’avoir laissé à la clinique pendant 4 jours pour la perfusion, de ne pas l’avoir montré au vétérinaire avant que cette foutue maladie s’installe, l’avoir forcé à manger à la seringue, lui dire que c’est l’amour de ma vie, que je l’aime, que nos câlins me manquent, qu’il est partout dans la maison, je le remercie pour tout l’amour qu’il m’a donné, pour son intelligence, sa douceur, sa beauté . Je voulais attendre encore un peu, car un guérisseur devait l’aider sur une photo, hélas reçue trop tard. Tu me manques terriblement, j’espère t’avoir rendu heureux, c’est un grand vide à la maison et ta sœur Béliza te cherche. Auras tu envie qu’on se retrouve ?   tu es dans mon cœur à jamais, et le plus dur c’est de ne pas te toucher, te couvrir de bisous. Je t’aime VOSLO, merci pour tout l’amour que tu m’as donné. Je dois récupérer tes cendres, mon chéri, est-ce que sur la commode de la chambre te convient ? Mille bisous

Oui c’était le bon moment, qu’elle ne doute pas Malgré la perfusion, il n’y avait plus rien à faire, blocage total, c’était le moment pour moi de partir. J’étais sur mon chemin depuis un bon bout de temps et j’avais déjà préparé mon départ. C’est elle qui n’était pas prête, c’est elle qui n’avait pas compris qu’il fallait accepter ma maladie et me laisser remonter pour me reposer et me ressourcer.

Dis-lui que ses regrets, ses doutes, sa culpabilité et surtout sa souffrance m’empêchent de faire la transition, et qu’à ce jour je suis toujours dans son entourage, toujours avec elle et que je puise leur énergie et que, elle ma maman, je l’empêche de faire son deuil.

J’étais son petit garçon et elle était ma maman. Une maman d’amour empreinte de douceur et de beauté. Elle a la beauté de l’âme qu’un certain nombre d’humains peuvent envier. Moi aussi je l’aime profondément et c’est aussi cruel pour elle et encore plus pour moi d’être à ses côtés et de ne plus pouvoir se câliner. Je fais des tentatives pour m’approcher tout près, pour la toucher, me frotter à elle, mais je peux à peine l’effleurer.

J’ai vécu toutes ces années choyé, câliné, que du bonheur. Mes problèmes de santé se sont manifestés à un moment où les anciennes peurs (de l’abandon) bien ancrées dans mes mémoires d’une autre vie, ont ressurgie et qu’elles se sont densifiées et cristallisées dans mon corps physique. C’était un moment difficile de sa vie aussi et cela a fait miroir avec une chose du passé qu’elle n’a pas réglé.

Ma mission consistait à lui apporter l’amour, l’amour qu’un enfant, qu’un petit garçon lui aurait donné. Maintenant qu’elle peut en prendre pleine conscience, elle peut pardonner à son petit enfant intérieur de l’avoir fait souffrir et démarrer son travail de deuil qui l’aidera à se libérer de toute entrave du passé.

Dis-lui que le moment était venu pour moi de la laisser, afin qu’elle puisse en comprendre le sens en faisant appel à toi et que mon âme est éternelle et souhaite après un passage au paradis des animaux, lui revenir pour une autre mission. Je serai toujours son bébé, son petit garçon et je l’aiderai cette fois-ci à se reconnecter à sa source pour avancer sereinement sur son chemin et lui faire découvrir sa mission de vie.

J’étais un chat de type « timbre-poste » et je lui ai appris le détachement affectif, cette mission je la reprendrai aussi, car sentimentalement il y a beaucoup de dépendances d’ordre affectif. Elle ne doit plus avoir de regrets, je sais que ce qu’elle a fait c’était pour mon plus grand bien, pour m’aider à guérir, mais ce n’était pas mon choix, d’où la raison aussi que je sois parti avant l’intervention de ce guérisseur, ce n’est pas un hasard non plus.

Faire un petit passage au jardin des animaux sera bien plus bénéfique pour moi que n’importe quel soin. Après je te reviendrai dans un corps physique en bonne santé.

Pour mes cendres, je te laisse le choix, pour moi ce n’est que les poussières de mon corps physique et elles n’ont aucune importance. L’âme, mon âme est toujours là et c’est ce qui compte. Les cendres tu les poseras à l’endroit que tu estimeras le plus approprié pour toi. C’est à toi de ressentir ce qui te fait le plus de bien.

Mais ne t’attardes pas sur ces détails, pense et crois à mon retour qui ne sera pas très long et nous aurons tous les deux le plaisir de nous câliner et de nous faire des bisous à nouveau. C’est cette vision de la vie que tu dois avoir, pas celle d’une petite urne posée sur la commode.

Je lui transmettrai notre échange Voslo, es-tu prêt maintenant à rejoindre le pont des fleurs où je pourrai t’y accompagner ? Et lorsque je m’arrêterai n’aie pas peur, continue ton chemin et tu pourras gravir les marches de l’escalier de l’arc en ciel.

Je n’ai pas peur, je suis prêt.

Il s’est avancé à mes côtés, il en a allègrement profité pour tournoyer autour de moi et se frotter à moi, je l’ai caressé, il s’est mis à ronronner de plaisir et nous avons emprunté le chemin, au départ très escarpé et rocailleurs, mais qui s’est très vite transformé en un chemin recouvert d’un épais tapis de mousse avec des petites fleurs blanches et qui s’est illuminé de plus en plus.

Arrivés au pont des fleurs, je me suis arrêtée, il m’a regardée et m’a remerciée :

Dis-lui merci, merci de m’avoir permis de faire cette belle transition, merci pour tout l’amour qu’elle a en elle et que je suis pressé de la retrouver.

Puis il a continué sa route et s’est noyé dans les lumières de l’arc en ciel.

Au revoir Voslo et à bientôt.