La rencontre avec Bambi s’est faite sur un chemin de terre sec et triste. Aucune herbe, aucune fleur, il était assis et me regardait tristement arriver vers lui. A quelques pas de lui je me suis arrêtée, me suis présentée et lui ai expliqué que sa gardienne m’avait envoyée vers lui pour lui dire :

Qu’elle l’aimait très fort et qu’elle s’en voulait de l’avoir emmené chez le vétérinaire. Serait-il encore en vie avec elle si elle ne l’avait pas fait ? Est-ce qu’il lui en veut ? A-t-il eu une vie heureuse ? Sera-t-il avec elle ce week-end au championnat de France handisport. La voit-il gagner ou doit-elle arrêter le sport ? Elle aimerait tellement le rejoindre, il lui manque.

Pendant que je lui lisais les messages de sa gardienne, Bambi penchait la tête d’un côté, puis de l’autre et ses yeux si tristes quelques instants auparavant reprirent vie. Je pouvais y lire une lueur d’espoir et sans tarder il m’a dit :

Que je suis heureux de pouvoir lui donner des messages. Elle est ma maman pas ma gardienne, elle est ma tendre, douce et petite maman et je l’aime très fort aussi. Je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel et ne peut lui en vouloir pour rien du tout. Au contraire je dois plutôt la remercier pour toutes ces merveilleuses années de pur et grand bonheur que j’ai vécu avec elle.

Dis-lui merci, amour et gratitude pour tout ce qu’elle a fait pour moi. Aimé, choyé, soigné et respecté comme son bébé, son petit garçon, j’ai eu une vie de rêve, une vie de petit prince à ses côtés. Oui j’étais le roi et si fier de l’être et de pouvoir l’accompagner dans son quotidien avec des jours parfois très gais et d’autres un peu plus tristes et compliqués. Beaucoup d’émotions aussi, du stress, des angoisses avant une compétition comme ce qu’elle est en train de vivre en ce moment, mais elle s’en est toujours bien sortie, nous étions deux et nous étions là l’un pour l’autre.

Depuis mon départ c’est très difficile pour elle et j’en suis si triste. Dis-lui de ne surtout pas culpabiliser, elle a fait ce qu’elle devait faire et elle l’a fait au bon moment, qu’elle n’en doute pas j’étais sur mon chemin depuis l’entrée de l’hiver et j’étais prêt à tirer dignement ma révérence. Mes reins, mon cœur et tout mon corps étaient bien fatigués. Beaucoup de bobos dus à l’âge et je me réfugiais pour la plupart du temps dans mon corps astral pour mieux le gérer. Et je ne peux que la remercier d’avoir eu la force et le courage de me laisser partir dans les meilleures conditions possibles. Je sais combien ce choix a été cruel pour elle et je lui en suis si reconnaissant. Seulement sa grande culpabilité, sa grande souffrance et détresse ne me permettent pas d’emprunter ce chemin pour rejoindre la lumière. Je ne m’en sens pas le droit, j’ai besoin d’aide et elle aussi.

Tant que je reste là je ne peux me reposer et me ressourcer et elle ne peut faire son deuil et retrouver la paix dans son cœur et son esprit. Ici ce n’est plus ma place et tant que je reste là je ne peux me manifester à elle, veiller sur elle et la protéger. Elle a besoin de mon aide ce week-end, elle a besoin que je lui envoie de la lumière pour l’aider à se battre et montrer qu’elle est capable. Dis-lui de mettre toutes les chances de son côté et de surtout continuer le sport, elle en a tant besoin pour avoir un équilibre, une motivation pour continuer son chemin. Je suis pressé de faire le passage  maintenant. De là-haut je pourrai lui envoyer des énergies divines et lui faire des petits signes.

Je l’ai rassuré et lui ai dit que j’étais aussi là pour ça et que je l’accompagnerai dans quelques instants pour faire le passage.

Merci, me voilà bien soulagé. Tu lui diras surtout de ne plus se torturer l’esprit et au contraire accepter, reconnaître qu’elle l’a fait pour mon plus grand bien. Je sais combien cette décision fut difficile pour elle.

J’étais là pour l’aider à se reconnecter à son petit enfant intérieur, à sa source et lui permettre, lorsqu’elle me câlinait, de se chérir et se nourrir de tendresse. Sa vie n’est pas simple, c’est un combat de chaque jour et je suis si fier d’elle. Elle assume avec une grande force et mon départ l’a plongée dans une effroyable et grande détresse. Elle ne doit pas se laisser couler au fond, elle n’en a pas le droit, elle doit continuer sa route même si c’est presque impossible pour elle sans moi. Depuis que j’ai fait le grand saut, elle se sent bien vide à l’intérieur d’elle. Seul moi peut le remplir, peut le combler ce vide et elle a besoin de moi à ses côtés pour pouvoir continuer son chemin.

Dis-lui que j’ai un âge où je mérite de monter au jardin des animaux pour me reposer et me ressourcer, et dis-lui aussi que ce ne sera pas long. Mon âme est éternelle, elle reste reliée à la sienne où que je sois et la mienne aspire bien entendu à lui revenir sur un plan terrestre pour continuer ma mission. Celle-ci n’est pas terminée et je lui reviendrai encore et tant qu’elle aura besoin de ma présence physique. Dis-lui que je l’aime et à condition de pouvoir rejoindre ce haut-lieu magique maintenant je serai à ses côtés ce weekend. Elle ne pourra pas me voir ni me caresser, mais elle sentira mon énergie et cela l’aidera beaucoup.

Et lorsqu’elle se sentira plus sereine, qu’elle se sentira apaisée et se mettra à ma recherche, je me mettrai de nouveau sur son chemin. Qu’elle n’en doute pas, notre belle aventure n’est pas terminée, nous nous retrouverons sur un plan terrestre et j’endosserai le costume qui lui plaira.

Puis il s’est mis à tourner autour de moi en aboyant pour me dire

Allez, on y va ?

Et tous les deux nous nous sommes avancés sur ce chemin si triste qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs il était tellement pressé qu’il l’a traversé en courant pour se noyer dans la belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel.

Au revoir Bambi, à bientôt !