Lorsque je suis arrivée sur le chemin, Simba m’y attendait. Il était assis, le regard vide, terne, sans expression. Je me suis approchée doucement pour ne pas l’effrayer, et lorsqu’il m’a vue ou senti ma présence il a tourné la tête vers moi et ses yeux si tristes quelques instants auparavant ont repris quelques lueurs d’espoir. Je me suis arrêtée, me suis présentée et lui ai expliqué que sa gardienne m’avait chargée de lui transmettre des messages et de lui poser quelques questions, et avant même que ne lui lise le contenu, il m’a dit tout en poussant un petit soupir :

Ouf j’attendais ce moment depuis que j’ai fait le grand saut de l’autre côté du voile, et j’avais bien peur de rester encore longtemps ici, tantôt sur ce chemin gris et austère, tantôt dans son environnement à la suivre dans son quotidien comme son ombre et leur pomper toute leur énergie. Cela perturbe beaucoup mes compagnons qui eux me voient et savent qu’ici ce n’est plus ma place, et que tant que je reste là dans ce bas-astral à errer comme une âme en peine, je ne peux me reposer ni me ressourcer. Ici ce n’est plus ma place et j’ai besoin d’aide, nous avons tous les deux besoin de ton aide. Après mon passage ma maman se sentira plus en paix, plus apaisée et pourra enfin commencer à faire son deuil.

Je l’ai aussitôt rassuré et lui ai dit que j’étais aussi là pour l’accompagner jusqu’au pont des fleurs après notre échange.

Je voudrais savoir ce qui lui est arrivé, ce qui s’est passé, si c’était sa destinée et si il va revenir vers nous (réincarnation chien, chat…) dans longtemps ou pas et si il a ete et surtout si il est heureux, bien maintenant.

 

Je voudrais lui dire que je l’aime, que je m’excuse si il a eu mal (je ne sais pas comment il est mort) si je n’ai pas entendu ou fait ce qu’il faut.

 

Je voudrais lui dire qu’il fait partie de notre famille à jamais et que c’était un excellent et un amour de chat, qu’il nous manque beaucoup à toute la famille.

 Je voudrais lui demander si je dois laisser sortir son frère et sa sœur ou si je dois craindre leurs disparitions.

 Et surtout, je veux le laisser parler, me dire ce qu’il a envie.

 Je le remercie d’accepter cette échange. Je l’aime du plus profond de mon coeur et il me manque à chaque seconde.

 Il a encore poussé un soupir de soulagement, et pendant que je lui lisais les missives de sa gardienne je voyais son regard s’assombrir et des larmes tomber sur son museau. Je me suis arrêtée quelques instants, très touchée par les émotions qu’il exprimait et il m’a dit :

Que je suis content que tu sois là, que je suis content de recevoir ses messages et de pouvoir lui répondre, ce qui me fait pleurer, ce qui me fait tellement de mal c’est de la voir si triste, de la voir en grande souffrance et je suis si désolé de la grande peine, de la grande détresse dans laquelle mon départ la plonge. Elle a beaucoup de mal à le comprendre et à l’accepter, et cela rajouté à mon départ si rapide, m’empêche d’emprunter ce chemin pour rejoindre la lumière.

Dis-lui merci pour son message d’amour et dis-lui que moi aussi je l’aime d’un amour très fort. Je l’aime d’un amour pur, profond et inconditionnel, et de la voir se torturer l’esprit quant aux raisons de mon départ, de croire ou de penser qu’elle n’était pas là, qu’elle n’a pas vu ou fait ce qu’il fallait faire, me met en détresse aussi. Dis-lui que maintenant je ne ressens plus aucune douleur et que je lui suis si reconnaissant de t’avoir envoyée à moi. Lorsque j’aurai rejoint le jardin des animaux, je pourrai lui envoyer des petits signes, lui faire des petits coucous. Tant que je reste là entre deux, rien n’est possible.

Dis-lui aussi de ne pas culpabiliser, elle ne pouvait pas voir ce qui se passait, j’ai été heurté, un choc violent en traversant la route, et sur le moment je n’ai rien senti, je me suis aussitôt réfugié dans mon corps astral pour mieux le gérer et je me sentais bien, pas de douleur. Je n’étais pas blessé ou du moins je ne ressentais aucune blessure, un peu de mal à respirer, une forte pression dans la poitrine (pneumothorax) mais ce n’était pas douloureux, c’était supportable jusqu’au moment où j’ai ressenti une vive et fulgurante douleur comme si un couteau traversait mon dos et mon cœur, et puis plus rien. Je me suis vu allongé sur le sol et je savais que c’était fini pour moi, que je ne pourrai plus réintégrer mon corps physique, que j’avais fait le grand saut et que pour toi ce serait terrible C’était un accident, un bête et stupide accident qui m’a radicalement envoyé de l’autre côté et je n’ai pas souffert longtemps. Quelques secondes à peine et c’était fini, je venais de tirer ma révérence.

J’ai été si imprudent en traversant cette voie et j’en suis si désolé pour elle. Je n’avais pas eu le temps de préparer mon départ, ce n’était pas programmé et c’est si douloureux à vivre pour toi. Moi j’ai juste besoin qu’on me libère, après je sais que je pourrai très vie me réparer et préparer mon retour. Je t’aime et ma place est avec toi et auprès de toi. Je n’ai pas terminé ma mission qui me charge de t’apprendre le détachement affectif, t’apprendre à aimer sans dépendance, ni codépendance, mais en toute fluidité et confiance.

Toutes ces années passées ensemble ont été des années de pur et grand bonheur, et j’ai vécu une existence de rêve. Un peu le petit roi de la maison, nous étions très proches et très fusionnels. J’ai eu une vie heureuse et je sais que je lui manque et que je leur manque à tous. Depuis mon départ son cœur est meurtri, elle se sent bien vide à l’intérieur d’elle et elle a plus que tout besoin de ma présence terrestre pour continuer son chemin et se sentir à nouveau pleine à l’intérieur d’elle.

Je les aime, et mon âme qui est éternelle, qui perdure, aspire à lui revenir. Je n’ai pas terminé mon travail et je reviendrai sous la même forme, j’endosserai le costume qui lui plaira. Dis-lui de ne pas avoir peur, dis-lui de se faire confiance, c’est là où le bât blesse, elle est très maman poule et a peur à chaque instant de nous perdre et de perdre les gens qu’elle aime. Nous les chats nous sentons bien lorsque nous pouvons nous nettoyer et nous ressourcer avec les énergies de la terre, et de ne pas nous laisser sortir n’est pas le bon choix. Sollicite ton ange gardien et le nôtre et demande leur notre protection. Tu seras écoutée et nous serons protégés.

Je t’aime et il me tarde de rejoindre ce haut-lieu magique pour pouvoir te revenir, ce ne sera pas long mais c’est la condition sine qua none pour me le permettre. Et lorsque tu te mettras à ma recherche, je me mettrai de nouveau su ton chemin.

Puis tous les deux nous nous sommes avancés sur ce chemin gris, qui au fil de nos pas devenait de plus en plus lumineux, et lorsque je me suis arrêtée devant le pont des fleurs, il l’a traversé et s’est noyé dans cette belle lumière de l’escalier de l’arc en ciel. Au revoir Simba, repose et ressource-toi.