Skip, ta gardienne me demande de te faire un soin pour tes problèmes de gencives et me charge aussi de te dire qu’elle t’aime, qu’elle te trouve très beau, gracieux quand tu l’accueilles en courant et en l’appelant dans la rue à son retour du travail. Elle espère que tu te sens bien avec elle.

Moi aussi je l’aime et je suis très heureux qu’elle m’ait accueilli chez elle. Je ne pouvais trouver de meilleure maison. Je ne me sentais pas trop mal dans la famille d’accueil, mais ici je suis soigné, choyé et câliné. Ici je me sens aimé et j’espère vite oublier les maltraitances que j’ai subies avant qu’on ne me recueille dans la rue. On ne me donnait presque rien à manger et les coups de pieds pleuvaient. J’avais peur et en même temps le stress d’un abandon était pour moi pire que tout parce que j’avais une mission auprès de cet homme. Il était addictif à l’alcool et j’avais la mission de l’aider à s’en défaire, mais mission impossible à remplir. Les conflits dus au manque d’argent étaient plus forts et on a préféré se débarrasser de moi. Après je me suis retrouvé dans une famille où je ne manquais de rien, mais j’étais juste en transition et pour eux un chat comme les autres.

Toutes ces maltraitances physiques et psychologiques m’ont empêché de mordre dans la vie. Beaucoup de difficultés à accepter à ingérer, à mâcher pour mieux la digérer. Je suis arrivé chez ma gardienne et maintenant j’aimerais pouvoir enfin oublier cette situation difficile, mais pour cela elle a elle aussi un travail à faire sur elle.

Tous ces maux peuvent signifier que l’éducation que l’on vous donne ou que les expériences que nous rencontrons « ne sont pas de notre goût » qu’elles ont une saveur qui nous déplaît. Ils représentent notre difficulté à accepter de nouvelles saveurs, c’est-à-dire de nouvelles idées, opinions, expériences, mais peuvent aussi être le signe d’une saturation, d’un excès d’expériences et besoin de faire une pause. La façon de « mordre » dans la vie est douloureuse. Sans doute devons-nous le faire évoluer, avancer en douceur. Dis-lui qu’à deux nous y arriverons (miroir).

Je dois aussi te dire qu’elle aimerait que tu ne fasses plus les griffes sur les tissus et les murs. Tu adores ton arbre à chat, mais utilise aussi le joli griffoir en forme de chat accroché au mur que tu ignores complètement.

Je lui demande pardon, je ne me rends pas compte, lorsque l’envie de faire mes griffes me prend, je ne réfléchis pas et utilise ce qui me fait du bien. Le griffoir je ne l’aime pas. Sa forme surtout. Je suis un chat de type très pacifiste et ne griffe pas mes congénères.